Alors que l’Iran fait face à une crise économique et à des protestations populaires, une autre réalité frappe les observateurs internationaux : les hauts cadres du régime détiennent une fortune colossale, bien supérieure à celle de l’économie qui s’écroule. Ces richesses concentrées au sommet contrastent avec la vie difficile de millions d’Iraniens.
Selon plusieurs enquêtes, le guide suprême iranien et son entourage contrôlent des actifs évalués à des dizaines de milliards de dollars, via des structures opaques et quasi-indépendantes du budget national.
Un empire économique autour du guide suprême
Au cœur de ce système se trouve une structure connue sous le nom de Setad ou Quartier général exécutif des ordres de l’imam. Cette organisation semi-étatique a été créée à la fin des années 1980 pour gérer des biens supposés “abandonnés”, mais elle s’est transformée en conglomérat économique de très grande ampleur.
Selon une enquête de Reuters reprise par plusieurs médias, la valeur totale des actifs sous contrôle direct ou indirect du guide suprême est estimée à environ 95 milliards de dollars, répartis dans des secteurs clés tels que la finance, le pétrole, les télécommunications et même certains biens de consommation.
Ce montant place cette entité parmi les plus puissants conglomérats du pays, malgré le manque de transparence et l’absence de supervision démocratique.
Une richesse parallèle dans un pays en crise
Cette concentration de richesse au sommet intervient alors que l’Iran traverse une période de difficultés économiques profondes. La monnaie nationale (le rial) s’est effondrée et l’inflation a explosé, affectant durement le pouvoir d’achat de la population.
Dans ce contexte, les élites — souvent reliées au clergé, aux gardiens de la révolution ou aux structures d’État — continuent de profiter d’un accès privilégié aux ressources économiques du pays, accumulant des richesses parfois bien au-delà des capacités financières de l’État lui-même.
Cette situation alimente la colère et la frustration dans la population, qui voit une petite minorité prospérer tandis que la majorité lutte pour joindre les deux bouts.
Une opacité totale qui alimente les critiques
La principale critique envers ces fortunes est leur opacité et leur manque de contrôle public.
Les structures économiques liées au régime ne sont pas soumises aux mêmes règles que les entreprises privées ou même les autres entités publiques.
Cela contribue à une situation où les élites économiques et politiques en Iran semblent presque intouchables, tandis que des sanctions internationales et des difficultés économiques frappent de plein fouet le reste du pays.
Cette concentration extrême de richesses et d’influence illustre la fracture profonde entre les dirigeants du régime et la population iranienne.
Les 3 choses à retenir
- Les dirigeants iraniens, notamment autour d’Ali Khamenei, contrôlent un empire économique estimé à des dizaines de milliards de dollars.
- Cette richesse repose sur des structures opaques comme Setad, influençant des secteurs clés de l’économie.
- Elle contraste fortement avec la crise économique et sociale traversée par la majorité des Iraniens.














