Mediapart avait promis des preuves. Il les a publiées jeudi soir. Le journal d’investigation a mis en ligne les captures d’écran de conversations Messenger datant de 2013, dans lesquelles Jordan Bardella, alors âgé de 17 ans, aurait tenu des propos antisémites. Parmi eux, selon Mediapart, l’affirmation que les banques seraient toutes détenues par des juifs, ainsi que des considérations sur une prétendue domination juive.
Comment Mediapart dit avoir authentifié les messages
C’est le cœur de l’affaire. Selon le journal, la conversation a été obtenue directement auprès de Meta, la maison mère de Facebook, grâce à une demande d’extraction de données, et l’opération a été constatée par un huissier. Les échanges proviendraient de deux sources de l’entourage de l’époque, sans lien entre elles.
Mediapart avance aussi des éléments biographiques qui, selon lui, ne laissent aucun doute : l’origine italienne de la mère de Jordan Bardella, une interview qu’il avait accordée au Parisien en 2013, ou encore son échec au concours de Sciences Po. « On est à 100 % de certitude sur ce qu’on a écrit », affirme le journaliste Fabrice Arfi.
Bardella dément et attaque
La réponse du président du RN a été immédiate. Sur X, il dénonce de « montages grossiers » et « d’obscures captures d’écran manipulables », reprenant des propos qu’il affirme n’avoir « évidemment jamais tenus ». Il annonce une plainte pour faux et usage de faux. Le Rassemblement national fait bloc derrière lui.
Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a lui jugé que Jordan Bardella « ment éhontément » en contestant l’authenticité des messages. À ce stade, aucune décision de justice n’a tranché la question : Jordan Bardella conteste formellement en être l’auteur.
Une bombe à quelques mois de la présidentielle
L’enjeu dépasse largement la personne de Jordan Bardella. Le parti a passé des années à se défaire de son image antisémite. Si l’authenticité des messages était établie, c’est tout le travail de dédiabolisation qui vacillerait, à l’approche de 2027.
L’avis de Minute Actu
Deux récits s’affrontent, et ils ne peuvent pas être vrais en même temps. Soit Mediapart a fabriqué ou mal vérifié des preuves, et la faute serait lourde pour un journal de ce calibre. Soit Jordan Bardella ment, et la question n’est plus ce qu’il pensait à 17 ans, mais ce qu’il est prêt à dire aujourd’hui pour s’en sortir. La plainte annoncée permettra à la justice de trancher. Les Français, eux, jugeront bien avant.
3 points à retenir
- Mediapart publie des messages Messenger de 2013 attribués à Jordan Bardella, alors âgé de 17 ans.
- Le journal affirme les avoir authentifiés via Meta et un huissier.
- Jordan Bardella dément, parle de « montages grossiers » et annonce une plainte pour faux et usage de faux.







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