lundi 5 octobre 2026
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Politique nationale

« Pas le courage de dire que c’est parce que je suis juive » : à Bergerac, le RN vote contre une école au nom d’une rescapée de la Shoah

Une femme âgée se recueille devant un mur des noms de victimes de la Shoah
Crédit : Illustration générée par IA

Elle a survécu à la rafle du Vel d’Hiv. Elle a enseigné toute sa vie. Elle a siégé trente ans au conseil municipal de Bergerac. À 89 ans, Irène Sapir va donner son nom à une école de sa ville. Mais trois élus du Rassemblement national ont voté contre, et l’affaire fait grand bruit.

Un vote presque unanime

Lors du conseil municipal du 30 septembre, le maire socialiste Fabien Ruet a proposé de rebaptiser l’école du Bout de Vergnes en école Irène Sapir. Le texte a été adopté par tous les élus, à l’exception des trois conseillers RN.

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Les arguments du RN

Leur chef de file, Christian Gérard, assure que l’école « ne peut pas porter le nom d’une militante politique ». Il met en avant l’engagement communiste d’Irène Sapir, rappelle les morts du communisme, et lui reproche d’avoir refusé de serrer la main des élus RN lors de cérémonies officielles. Il dément tout lien avec les origines juives de l’ancienne élue et affirme que son parti combat l’antisémitisme.

« Mon deuxième défaut, c’est d’être juive »

Irène Sapir ne s’y trompe pas. Touchée et honorée par l’hommage, elle résume : « Mon premier défaut, c’est d’être communiste. Mon deuxième défaut, c’est d’être juive. » Pour elle, les élus RN n’ont pas eu le courage de dire le fond de leur pensée. Elle dit ne pas être surprise par ce vote, qui montre selon elle que le RN reste un parti aligné sur tout ce qu’elle a combattu.

Un timing désastreux pour le RN

L’affaire tombe au plus mal pour le parti, quelques jours après les révélations de Mediapart sur les messages antisémites attribués à Jordan Bardella, que ce dernier conteste, et la phrase d’un parlementaire RN banalisant les croix gammées tracées « au lycée ».

L’avis de Minute Actu

On peut ne pas partager les idées politiques d’Irène Sapir. Mais refuser d’honorer une enfant raflée en 1942, devenue institutrice, au nom de son engagement communiste, c’est se tromper de combat. Le RN dit vouloir tourner la page de son passé. À Bergerac, trois de ses élus viennent de la rouvrir.

3 points à retenir

  1. Trois élus RN de Bergerac ont voté contre le nom d’Irène Sapir, rescapée du Vel d’Hiv, pour une école.
  2. Ils invoquent son engagement communiste et démentent tout lien avec ses origines juives.
  3. Irène Sapir, 89 ans : « Mon deuxième défaut, c’est d’être juive. »
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