Il y a six mois, sa candidature faisait sourire. Aujourd’hui, elle commence à inquiéter ses concurrents. David Lisnard, maire de Cannes, est en train de réussir ce que peu de candidats parviennent à faire à cette distance de l’élection : sortir de l’anonymat par les sondages.
De 0 à 5 %
Selon une enquête Cluster17 publiée fin septembre, Lisnard est crédité de 5,2 % des intentions de vote au premier tour. Un score encore modeste, mais qui le place en deuxième force de la droite républicaine, juste derrière Bruno Retailleau (7,5 %). Sur le marché de prédiction Polymarket, sa cote a même brièvement atteint 17 % entre septembre et octobre, très loin de ses chiffres réels, mais signe qu’un frémissement existe.
Le pari de la rupture
Lisnard a quitté Les Républicains le 31 mars et déclaré sa candidature le jour même, sous la bannière de son mouvement Nouvelle Énergie. Son créneau est clair : un libéralisme assumé, la baisse massive de la dépense publique, la fin de la « bureaucratie » qui étouffe les communes et les entreprises. Un discours d’élu de terrain, qui résonne particulièrement au moment où le président du Sénat parle de crise financière et où la dette fait la une du Wall Street Journal.
Les obstacles restent immenses
Sa notoriété demeure faible, et sur les réseaux sociaux, sa candidature reste souvent tournée en dérision. Surtout, l’espace est encombré : Retailleau, Édouard Philippe, et un Rassemblement national qui domine tous les sondages. Pour exister, Lisnard devra transformer une curiosité médiatique en dynamique réelle, avec des soutiens, de l’argent et des parrainages.
L’avis de Minute Actu
Lisnard a un atout rare dans cette campagne : la cohérence. Il dit la même chose depuis des années sur la dépense publique, et l’actualité lui donne raison. Mais en politique, avoir raison trop tôt ne suffit pas. S’il veut passer du statut d’outsider sympathique à celui de candidat crédible, il lui faut un moment, un débat, une phrase qui marque le pays. À six mois du premier tour, le temps presse. Ce sera serré, mais pas impossible.
3 points à retenir
- David Lisnard est crédité de 5,2 % au premier tour selon Cluster17, deuxième force de la droite derrière Retailleau.
- Le maire de Cannes a quitté LR le 31 mars pour se présenter sous la bannière Nouvelle Énergie.
- Son créneau : baisse de la dépense publique et libéralisme assumé, en pleine inquiétude sur la dette.
Le Top 5 de la semaine
Les 5 infos qui ont marqué la semaine, expliquées en 2 minutes. Un e-mail par semaine, pas plus.







Réagir