Le ton a changé. Ce jeudi 22 octobre, à l’issue d’un conseil de sécurité réuni à l’Élysée avec l’ensemble des services de renseignement, Emmanuel Macron a tranché : pour l’« acte II » de samedi, seules les manifestations organisées à la demande des syndicats seront autorisées. Les autres seront interdites « partout où on le peut ».
Les demandes « sans légitimité » refusées
Le chef de l’État vise directement les déclarations de manifestation déposées par « des gens qui n’ont aucune légitimité », autrement dit les collectifs sans organisation syndicale derrière eux. Pour les cortèges syndicaux, les préfets proposeront des tracés alternatifs « pour protéger nos centres-villes ».
À Paris, la préfecture de police a déjà appliqué la règle : le parcours des intersyndicales salariées, étudiantes et lycéennes est validé entre Bastille et Nation. Celui des Gilets jaunes et de l’Interfac, entre Bastille et l’Opéra, est refusé. À Lyon, la préfecture du Rhône est allée plus loin et interdit toute manifestation samedi.
« Faire tomber la République »
Emmanuel Macron a durci son diagnostic sur les violences du 17 octobre. Il parle d’« actes politiques et même séditieux » commis par des groupes organisés d’ultragauche dont le but serait de « faire tomber la République ». Il a aussi rappelé que « la plus grande sévérité » avait été demandée aux parquets par le garde des Sceaux.
Le président distingue toutefois les manifestants aux revendications sociales, qu’il dit entendre, des casseurs. Reste une question juridique : une interdiction générale doit être motivée au cas par cas par un risque de trouble grave, et peut être contestée en urgence devant le tribunal administratif.
L’avis de Minute Actu
Après les images du 17 octobre, l’exécutif ne pouvait pas rester les bras croisés. Mais trier les manifestants entre « légitimes » et « illégitimes » est un terrain glissant : une partie de la colère sur la vie chère vient justement de Français qui ne se reconnaissent dans aucun syndicat. Samedi dira si l’État a choisi la fermeté ou s’il a seulement déplacé le problème.
3 points à retenir
- Samedi 24 octobre, seules les manifestations syndicales seront autorisées, annonce Emmanuel Macron.
- À Paris, le parcours Bastille-Nation est validé, celui des Gilets jaunes vers l’Opéra refusé ; Lyon interdit toute manifestation.
- Le président dénonce des « actes séditieux » de l’ultragauche visant à « faire tomber la République ».
Le Top 5 de la semaine
Les 5 infos qui ont marqué la semaine, expliquées en 2 minutes. Un e-mail par semaine, pas plus.







Réagir