Le témoignage de Thomas bouleverse. Son histoire incarne ce que vivent déjà beaucoup de salariés en France. Il raconte la violence silencieuse d’un licenciement provoqué par une technologie qui avance plus vite que l’humain. Sa parole dit la réalité brute. Mon rôle de rédacteur en chef, ici, consiste à éclairer ce vécu, à montrer ce qu’il révèle d’un bouleversement national. La mis au chômage par l’IA devient un phénomène concret, incarné, humain.
« Je pensais que mon poste ne risquait rien »
Thomas travaille quinze ans dans une PME de logistique. Il connaît chaque couloir, chaque équipe, chaque geste.
Un jour, l’entreprise installe de nouveaux logiciels. Puis des robots. Puis une IA d’optimisation.
Il me confie : « Au début, ça devait juste nous aider. Mais j’ai vite compris qu’elle nous remplaçait. »
Derrière cette phrase, je vois un salarié qui perd peu à peu son terrain. L’outil devient juge. L’algorithme dicte l’avenir du poste.
« L’entreprise va se passer de ton travail »
Le rendez-vous avec son responsable change tout.
Thomas s’assoit. Il raconte : « Il a posé des feuilles devant moi. Il m’a dit : l’IA fait mieux et moins cher. »
Cette phrase claque comme une sentence. Elle résume ce qui se joue dans des centaines d’entreprises : la performance prime, l’humain s’efface.
Je note le contraste : quinze ans d’expérience balayés par une ligne dans un logiciel. Aucune anticipation. Aucun accompagnement.
« J’ai eu l’impression de disparaître »
La semaine qui suit, Thomas reste chez lui.
Il dit : « Je relisais mes mails, mes évaluations… Je ne comprenais pas. »
On entend l’effondrement intérieur. Le doute. La perte de repères. La honte parfois.
En tant que journaliste, je vois surtout une faille dans le système : on prépare les machines, jamais les hommes.
« Je cherche du travail, mais je sens que quelque chose a changé »
Aujourd’hui, il passe des entretiens. Rien n’est simple.
« Les recruteurs parlent digitalisation… Moi, je veux juste travailler », explique-t-il.
Son regard dit autre chose encore : la peur d’être déjà “dépassé”, à 42 ans. Une sensation qui gagne du terrain dans tout le pays.
L’interprétation du rédacteur en chef
Ce témoignage n’est pas isolé. Il décrit la transition brutale que subissent des métiers entiers.
L’IA n’est pas l’ennemie. Le problème, c’est l’absence de stratégie humaine. Le manque d’anticipation. Le vide social quand une machine prend la place d’un salarié sans dialogue, sans formation, sans horizon.
Thomas révèle une vérité essentielle : la technologie avance, mais la protection de l’humain n’avance pas assez vite.
Les 3 choses à retenir
- Thomas raconte comment son entreprise l’a remplacé par une IA sans préparation.
- Son témoignage met en lumière la violence psychologique de ces licenciements.
- L’histoire montre un défi national : intégrer l’IA sans sacrifier les travailleurs.














