La phrase tient en une ligne, et elle risque de coller longtemps à la peau du Rassemblement national. « Qui n’a jamais tracé une croix gammée avec son compas sur une table au lycée ou à la faculté ? » L’auteur est un parlementaire RN qui s’est exprimé auprès du Monde, sous couvert d’anonymat. Son objectif : relativiser les messages antisémites attribués à Jordan Bardella lorsqu’il avait 17 ans.
Une défense qui aggrave le mal
Le contexte est explosif. Jeudi soir, Mediapart a publié des captures d’écran de conversations Messenger datant de 2013, dans lesquelles le futur président du RN tiendrait des propos antisémites. Jordan Bardella dément en bloc et dénonce des « montages grossiers ». Le parti, lui, fait bloc derrière son président.
Mais en voulant présenter ces écrits comme une bêtise d’adolescent, ce parlementaire a fait bien pire : il a suggéré que dessiner le symbole du nazisme serait un geste banal, presque universel, de la vie lycéenne. Une manière de normaliser ce que des générations de professeurs s’efforcent justement de combattre.
Le RN face à son passé
Depuis des années, le parti mène une stratégie de « dédiabolisation » méthodique, pour faire oublier les sorties antisémites de son fondateur. Cette phrase anonyme vient fissurer le vernis. Elle laisse entendre qu’au sein même du groupe parlementaire, certains considèrent encore ces dérapages comme de simples enfantillages.
L’anonymat choisi par son auteur en dit long : personne au RN ne semble prêt à assumer publiquement cette ligne de défense.
L’avis de Minute Actu
Non, tout le monde n’a pas tracé de croix gammée sur sa table. Et ceux qui l’ont fait n’en tiraient pas de fierté. Défendre son président est légitime ; banaliser le symbole de la Shoah ne l’est pas. Le RN, qui rêve de gouverner en 2027, devra dire clairement s’il partage ou non cette vision. Le silence ne suffira pas.
3 points à retenir
- Un parlementaire RN anonyme relativise les propos attribués à Bardella en évoquant les croix gammées tracées « au lycée ».
- La phrase, rapportée par Le Monde, intervient dans la foulée des révélations de Mediapart.
- Jordan Bardella dément être l’auteur des messages et parle de « montages grossiers ».







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