Il y a des lieux et des moments où un geste politique change de nature. Lundi soir, au Parlement européen, Rima Hassan a choisi le pire des deux. L’eurodéputée de La France insoumise est accusée d’avoir renversé les drapeaux d’Israël et de l’Union européenne installés dans le cadre d’une exposition consacrée aux victimes des attaques du 7 octobre 2023, à quarante-huit heures du troisième anniversaire du massacre.
Bellamy dénonce, Metsola prend l’affaire « extrêmement au sérieux »
C’est François-Xavier Bellamy, eurodéputé Les Républicains, qui a révélé l’incident en pleine séance, dans l’hémicycle, en réclamant des sanctions. Ce mardi, la présidente du Parlement, Roberta Metsola, a répondu sans détour : une élue de l’Assemblée « a été filmée en train, apparemment, de dégrader une exposition ». Elle assure que « toutes les mesures appropriées » prévues par le règlement sont engagées, dans le respect du droit de l’intéressée à être entendue. Les images de vidéosurveillance et les témoignages devraient permettre d’établir précisément le déroulé des faits.
Une défense qui ressemble à un aveu
Rima Hassan ne nie pas. Elle explique avoir retiré elle-même le drapeau israélien de son support, et affirme que le drapeau européen, fixé sur le même mât, est tombé « accidentellement » sous l’effet du déséquilibre. « Aucun drapeau n’a été piétiné ni abîmé », insiste-t-elle. Son équipe ajoute que le geste visait à dénoncer « le génocide » mené selon elle par le gouvernement israélien, et qu’il ne s’adressait en rien aux victimes honorées par l’exposition.
Le problème est là. On peut critiquer avec la plus grande fermeté la politique du gouvernement israélien à Gaza, c’est un débat légitime. Mais l’exposition ne parlait pas de Benyamin Netanyahou. Elle rendait hommage à près de 1 200 personnes tuées en une journée, des civils pour l’immense majorité. Décrocher un drapeau à cet endroit précis, c’est confondre un peuple endeuillé et son gouvernement, exactement la confusion que Rima Hassan reproche à ses adversaires de faire.
L’avis de Minute Actu
Le geste est grave, la justification le rend indéfendable. En admettant avoir arraché le drapeau, l’eurodéputée transforme une polémique en faute assumée, au cœur d’une institution qui l’a élue pour représenter des Français, pas pour mener une action militante contre une cérémonie de mémoire. Pour LFI, déjà sous le feu des critiques sur les débordements dans les lycées, le timing est désastreux. La cause palestinienne mérite mieux que ce coup d’éclat, qui offre à ses détracteurs un argument sur un plateau.
3 points à retenir
- Rima Hassan est accusée d’avoir renversé les drapeaux israélien et européen d’une exposition en hommage aux victimes du 7-Octobre.
- Elle reconnaît avoir retiré le drapeau israélien et parle d’une chute « accidentelle » du drapeau européen.
- Roberta Metsola prend l’affaire « extrêmement au sérieux » : une procédure est engagée au Parlement européen.
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