Le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé lors du 40ᵉ dîner annuel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France) que le *gouvernement souhaite déposer et faire examiner au Parlement d’ici avril un texte de loi visant à pénaliser l’antisionisme.
L’annonce intervient dans un contexte de préoccupation sur la hausse des actes antisémites en France, selon le chef du gouvernement.
Une loi contre l’antisionisme : ce que prévoit le texte
Le projet évoqué vise à aller au-delà de l’arsenal déjà existant contre l’antisémitisme. Il s’agirait de créer un délit d’« appel à la négation d’un État », inspiré par des propositions antérieures au Parlement qui souhaitaient sanctionner la contestation de l’existence de l’État d’Israël en appelant à sa destruction.
Dans les propositions législatives antérieures, ce type de texte comprenait des peines allant jusqu’à :
- 1 an d’emprisonnement et 45 000 € d’amende pour la contestation de l’existence d’Israël,
- 2 ans d’emprisonnement et 75 000 € d’amende pour injure envers l’État,
- 5 ans d’emprisonnement et 100 000 € d’amende pour incitation à la haine ou à la violence contre l’État.
L’idée est de répondre à une forme de haine qui, selon certains parlementaires, revêt une dimension idéologique qui échappe parfois aux définitions classiques de l’antisémitisme.
Un contexte de débat politique
La proposition évoquée par Lecornu fait suite à des textes déposés au Parlement depuis fin 2024 visant à compléter le cadre pénal existant pour sanctionner l’antisionisme, pointant que celui-ci peut parfois servir de « faux-nez » à l’antisémitisme.
Cette initiative suscite des réactions contrastées :
- Des partisans estiment qu’une telle loi renforcerait la lutte contre la haine et les appels à la destruction d’un État démocratique.
- Des opposants craignent qu’elle ne restreigne la liberté d’expression ou ne confonde critique politique de la politique d’un État avec un discours haineux.
Quand le texte sera-t-il examiné ?
Selon Lecornu, la **proposition de loi devrait être examinée au Parlement dès avril 2026, ce qui ouvre une période de débats parlementaires avant toute adoption éventuelle.
Le gouvernement a insisté sur la nécessité de protéger la liberté d’expression légitime, tout en fermant la porte à toute forme de discours appelant à la destruction d’un État ou à la haine contre une communauté.
Les 3 choses à retenir
- Sébastien Lecornu a annoncé un texte de loi pour pénaliser l’antisionisme, à examiner dès avril 2026.
- Le projet vise à sanctionner la contestation de l’existence de l’État d’Israël et les appels à sa destruction.
- Le débat politique reste vif entre défenseurs de la lutte contre la haine et défenseurs de la liberté d’expression.














