Le procès de Naruto et Safine s’ouvre ce lundi 6 juillet devant le tribunal correctionnel de Nice. Les deux streamers, proches de Jean Pormanove, sont poursuivis pour plusieurs infractions liées à des vidéos de violences et d’humiliations diffusées en ligne. Ce procès intervient près d’un an après la mort de Raphaël Graven, alias Jean Pormanove, survenue à l’issue d’un direct de plusieurs jours sur la plateforme Kick.
Que leur reproche la justice ?
Owen C., connu sous le pseudonyme de « Naruto », et Safine H., alias « Safine », comparaissent notamment pour des faits de violences en réunion, diffusion d’enregistrements d’images de violences et provocation à la haine ou à la violence en raison du handicap ou de l’orientation sexuelle. Ils sont également poursuivis pour d’autres faits concernant des mineurs et des personnes vulnérables.
L’enquête, ouverte fin 2024 après des révélations de Mediapart, portait sur des vidéos diffusées sur Kick montrant des scènes de violences, d’humiliations et de défis impliquant Jean Pormanove ainsi que d’autres personnes vulnérables.
Quel lien avec la mort de Jean Pormanove ?
Raphaël Graven, plus connu sous le nom de Jean Pormanove, est décédé en août 2025 après un direct de douze jours durant lequel il apparaissait régulièrement violenté et humilié. Son décès avait provoqué une vive émotion sur les réseaux sociaux.
Toutefois, les expertises médicales ont conclu que la mort n’était pas imputable à l’intervention d’un tiers, mais à une défaillance cardio-vasculaire liée à un problème médical préexistant. Les poursuites engagées contre Naruto et Safine ne concernent donc pas directement les causes de ce décès.
Un dossier emblématique des dérives du streaming
L’affaire est devenue un symbole des dérives de certains contenus diffusés en direct sur Internet. Les enquêteurs reprochent aux deux prévenus d’avoir mis en scène des violences et des humiliations dans un objectif d’audience et de revenus.
Au cours de l’enquête, les deux hommes ont soutenu que les scènes étaient scénarisées. Safine a toutefois reconnu en garde à vue que certaines séquences pouvaient être perçues comme humiliantes, tandis que Naruto a contesté une partie des faits qui lui sont reprochés. Il appartient désormais au tribunal d’apprécier les responsabilités de chacun.
Le vrai sujet
Au-delà du procès, cette affaire pose la question des limites du divertissement en ligne. Jusqu’où peut-on aller pour générer de l’audience et des revenus sur les plateformes de streaming ?
Elle relance également le débat sur la responsabilité des créateurs de contenu, mais aussi des plateformes qui hébergent ces vidéos, face à des contenus mêlant violences, humiliations et exploitation de personnes vulnérables.
Les 3 choses à retenir
- Naruto et Safine sont jugés ce lundi à Nice pour plusieurs infractions liées à des violences diffusées en ligne.
- Les poursuites portent notamment sur des violences en réunion, la diffusion d’images de violences et la provocation à la haine.
- Le procès intervient après la mort de Jean Pormanove, même si les poursuites ne portent pas sur les causes de son décès.














