L’intelligence artificielle ne transforme pas seulement les usages. Elle redessine aussi la carte mondiale des investissements. Semi-conducteurs, data centers, cloud, énergie : les grands projets internationaux se concentrent désormais autour de l’infrastructure numérique.
La tech capte une part massive des investissements
Selon le fDi Report 2026, le cluster ICT et électronique a représenté plus de 40 % des investissements directs étrangers greenfield dans le monde en 2025. C’est presque deux fois plus que l’ensemble du secteur de l’énergie, fossile et renouvelable compris.
Cette dynamique s’explique par une demande explosive : l’IA générative nécessite des puces puissantes, des serveurs, des capacités de stockage, des réseaux et énormément d’électricité.
Les data centers changent d’échelle
Les data centers sont devenus l’un des symboles de cette nouvelle ruée mondiale. D’après l’UNCTAD, les annonces d’investissements étrangers dans ce secteur ont dépassé 270 milliards de dollars en 2025, portées par la demande en IA et en infrastructures numériques.
Les géants du cloud et les grands investisseurs cherchent désormais des terrains, de l’énergie disponible et des connexions réseau fiables. Résultat : les projets se multiplient, mais ils provoquent aussi des tensions sur l’électricité, l’eau et l’aménagement local.
Les semi-conducteurs au cœur de la bataille
Sans puces, pas d’IA. Les semi-conducteurs sont devenus un enjeu industriel, économique et géopolitique majeur.
IDC prévoit que le marché mondial des semi-conducteurs dépassera le seuil des 1 000 milliards de dollars de revenus en 2026, avec une croissance tirée par l’infrastructure IA. Le cabinet anticipe même 1 290 milliards de dollars de revenus, contre 842,8 milliards en 2025.
La mémoire haute performance, notamment la HBM utilisée dans les data centers IA, est particulièrement recherchée.
Pourquoi les investisseurs se ruent sur l’IA
Morgan Stanley estime que près de 3 000 milliards de dollars d’investissements liés aux infrastructures IA pourraient circuler dans l’économie mondiale d’ici 2028, avec plus de 80 % de ces dépenses encore à venir.
Les grands fonds suivent le mouvement. Temasek, le fonds souverain de Singapour, prévoit par exemple d’augmenter fortement son exposition à l’IA, notamment dans les data centers, les semi-conducteurs, le cloud, les modèles d’IA et les logiciels d’infrastructure.
Le vrai sujet
Le vrai sujet, c’est que l’IA devient une infrastructure stratégique, au même titre que l’énergie, les routes ou les télécoms.
Les pays ne cherchent plus seulement à attirer des usines classiques. Ils veulent capter les data centers, les fabs de semi-conducteurs, les laboratoires IA et les chaînes de valeur du cloud. Celui qui contrôle la puissance de calcul contrôle une partie de la compétitivité future.
Mais cette course pose aussi une question : tous les territoires pourront-ils suivre ? Les projets coûtent cher, consomment beaucoup d’énergie et se concentrent souvent dans les pays déjà capables d’offrir stabilité, électricité et compétences.
Les 3 choses à retenir
- La tech représente désormais une part majeure des investissements directs étrangers mondiaux.
- Les data centers et les semi-conducteurs sont dopés par la demande en intelligence artificielle.
- L’IA devient un enjeu stratégique pour les États, les industriels et les investisseurs.














