Le mouvement change encore d’échelle. Après les blocus devant les établissements, les lycéens et les étudiants ont pris la rue ce mardi 6 octobre, avec une grande manifestation nationale partie à 14 heures de la place de la République, à Paris, à l’appel de l’Union syndicale lycéenne et de syndicats enseignants.
Des centaines d’établissements touchés
La veille, entre 400 et 500 lycées avaient été fermés totalement ou partiellement en France, selon le ministère de l’Éducation nationale, et la contestation a gagné l’enseignement supérieur avec la fermeture d’une quarantaine d’universités. Faute de « mesures concrètes », les organisations de jeunesse ont appelé à maintenir les blocages toute la semaine. Les revendications restent les mêmes : des moyens, des classes moins chargées, des postes après les suppressions annoncées pour cette rentrée.
L’IGPN saisie, la CNCDH s’inquiète
Sur le terrain du maintien de l’ordre, la journée a été lourde. L’IGPN a été saisie après qu’un policier a tiré une grenade lacrymogène au visage d’un jeune qui participait au blocus de son lycée. À Metz, un policier aurait caressé la poitrine et les cheveux d’une lycéenne qu’il retenait, des faits qui restent à établir mais qui ont provoqué une vive émotion. La Commission nationale consultative des droits de l’homme a fait part de sa « vive inquiétude » face au « recours disproportionné à la force » contre les lycéens mobilisés, selon l’AFP. Ces images s’ajoutent au drame de Lens, où un adolescent de 15 ans a perdu une main.
Mélenchon rejoint le cortège
En milieu d’après-midi, Jean-Luc Mélenchon et plusieurs députés insoumis sont arrivés dans la manifestation parisienne. Une présence qui ne passe pas inaperçue : depuis plusieurs jours, la droite et une partie du gouvernement accusent LFI d’attiser la colère des jeunes, quand les insoumis répondent qu’ils soutiennent une jeunesse qui réclame simplement de quoi étudier correctement.
L’avis de Minute Actu
Deux réalités se télescopent. D’un côté, des violences inacceptables contre des établissements et des personnels. De l’autre, des gestes policiers qui n’ont rien à faire face à des mineurs. Les deux doivent être sanctionnés, sans tri selon le camp. Quant à LFI, sa présence en tête de cortège est un pari risqué : elle donne de la visibilité au mouvement, mais elle offre aussi au gouvernement le moyen de le réduire à une opération politique. Les lycéens méritent qu’on écoute leurs revendications, pas qu’on les récupère.
3 points à retenir
- Grande manifestation nationale des lycéens et étudiants ce mardi à Paris, après 400 à 500 lycées et une quarantaine d’universités fermés lundi.
- L’IGPN est saisie après un tir de grenade lacrymogène au visage d’un lycéen ; la CNCDH dénonce un recours disproportionné à la force.
- Jean-Luc Mélenchon et plusieurs députés LFI ont rejoint le cortège parisien.
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