Des lycées incendiés, des adolescents blessés, des ministres qui reculent sur les grenades, un président du Sénat qui parle de crise financière et une dette qui fait la une de la presse américaine. En une semaine, la France a donné l’image d’un pays au bord de la rupture. Dans une crise, il y a toujours des perdants. Et il y a ceux qui, sans rien faire, en sortent renforcés.
Le pouvoir, coincé des deux côtés
L’exécutif est le grand perdant de la séquence. À gauche, on lui reproche la brutalité policière : IGPN saisie à Lens et à Metz, CNCDH inquiète d’un « recours disproportionné à la force ». À droite, on l’accuse de faiblesse : la suspension des grenades assourdissantes est perçue par une partie de l’opinion comme un lâchage des forces de l’ordre. Entre les deux, Sébastien Lecornu tente l’apaisement avec deux jours de « démocratie interne » dans les lycées, sans convaincre ni les uns ni les autres.
LFI, le pari risqué de la rue
La France insoumise a choisi d’être en première ligne. Jean-Luc Mélenchon et ses députés dans les cortèges, Rima Hassan au cœur d’une polémique à la veille du 7-Octobre : le mouvement mobilise sa base, mais il prête le flanc. Le gouvernement l’accuse de vouloir « déstabiliser le pays », et chaque image de barricade lui est désormais imputée, à tort ou à raison.
Le RN, gagnant sans bouger
Et pendant ce temps, Marine Le Pen et Jordan Bardella n’ont presque rien à faire. Le RN n’est ni au gouvernement ni dans la rue. Il lui suffit de commenter. Ce mercredi, Marine Le Pen a frappé juste pour son électorat : « Emmanuel Macron est toujours du côté qui consiste à taper sur la police », a-t-elle lancé après la suspension des grenades. La veille, elle présentait un plan de 140 milliards d’euros d’économies pour répondre à l’angoisse de la dette. L’ordre d’un côté, le sérieux budgétaire de l’autre : deux thèmes servis sur un plateau.
Les sondages le confirment. Le RN tourne autour de 32 à 33 % des intentions de vote au premier tour de la présidentielle, et Jordan Bardella l’emporterait aujourd’hui face à tous ses adversaires potentiels, selon plusieurs enquêtes récentes. Chaque semaine de désordre renforce un récit simple : le pays n’est plus tenu.
L’avis de Minute Actu
Le chaos n’a pas de propriétaire, mais il a un bénéficiaire. Le RN récolte ce que d’autres sèment : l’impuissance d’un pouvoir usé, la radicalité d’une gauche qui confond la rue et les urnes, et la peur d’un pays qui voit ses écoles brûler. Ce n’est pas une fatalité. Mais si le gouvernement et les oppositions républicaines ne proposent pas vite une réponse claire, sur l’école comme sur l’ordre, ils feront eux-mêmes la campagne de Marine Le Pen et de Jordan Bardella.
3 points à retenir
- L’exécutif est pris en étau : accusé de brutalité policière à gauche, de faiblesse à droite après la suspension des grenades.
- LFI mise sur la rue mais se voit accusée de vouloir déstabiliser le pays.
- Le RN, à 32-33 % dans les sondages, capitalise sans bouger sur l’ordre et la dette.
Le Top 5 de la semaine
Les 5 infos qui ont marqué la semaine, expliquées en 2 minutes. Un e-mail par semaine, pas plus.







Réagir