Deux jours après le drame de Lens, le gouvernement recule. Ce mercredi matin sur RTL, Laurent Nuñez a annoncé la suspension de l’usage des grenades assourdissantes lors des manifestations lycéennes. « Je suspends leur usage pour le mouvement lycéen tant que la lumière n’a pas été faite sur ce qui s’est passé dans cette affaire », a déclaré le ministre de l’Intérieur.
Le drame qui a tout changé
Lundi, devant le lycée Auguste-Béhal de Lens, un adolescent de 15 ans a eu la main gauche arrachée par une grenade de désencerclement. L’enquête, confiée à l’IGPN, doit établir s’il l’a ramassée ou si elle a été lancée vers lui. Au total, la police des polices est désormais saisie de dix-huit enquêtes liées au mouvement. La mesure est présentée comme une précaution, limitée aux seules manifestations lycéennes, en attendant les conclusions.
Nuñez refuse de parler de « répression »
Le ministre a pourtant défendu ses troupes. Pour lui, il est « excessif de parler de répression policière » face à un mouvement marqué par des violences inédites contre les établissements et leurs personnels. Une ligne de crête : protéger les mineurs sans désavouer des policiers engagés depuis plus d’une semaine dans des conditions très difficiles.
Le Pen dénonce un lâchage
La réplique n’a pas tardé. « Emmanuel Macron est toujours du côté qui consiste à taper sur la police », a dénoncé Marine Le Pen, qui estime que les forces de l’ordre « font leur travail » dans des « conditions difficiles ». Pour la cheffe de file du RN, le chef de l’État a « très souvent remis en cause la police » au cours de ses deux mandats.
L’avis de Minute Actu
La décision est juste. Une grenade capable d’arracher la main d’un enfant de 15 ans n’a pas sa place devant un lycée, quelles que soient les tensions. La suspendre n’est pas « taper sur la police », c’est la protéger de drames qui finissent toujours par se retourner contre elle. Le vrai problème est ailleurs : il a fallu un adolescent mutilé pour que l’État se pose la question. Gouverner, c’est aussi prévoir.
3 points à retenir
- Laurent Nuñez suspend les grenades assourdissantes lors des manifestations lycéennes, après le drame de Lens.
- L’IGPN est saisie de dix-huit enquêtes liées au mouvement ; le ministre juge « excessif » de parler de répression.
- Marine Le Pen accuse Macron d’être « du côté qui consiste à taper sur la police ».
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