Une barrière symbolique vient de tomber. L’Utah devient le premier État américain à autoriser une intelligence artificielle à rédiger des ordonnances sans supervision directe d’un médecin, dans le cadre d’un programme expérimental, rapporte le Los Angeles Times.
Un scan du visage, une ordonnance
Le dispositif, développé par la start-up Nolla Health, cible l’acné légère à modérée chez les adultes. Le patient scanne son visage avec l’application, remplit un questionnaire médical, et l’IA évalue la gravité de son acné. Elle peut alors prescrire l’un des huit traitements autorisés, uniquement des crèmes et des gels, délivrés directement en pharmacie. Les médicaments par voie orale, et notamment l’isotrétinoïne, sont exclus.
Une supervision qui va diminuer
Les 100 premières ordonnances seront vérifiées par des médecins avant leur délivrance. Ensuite, la supervision humaine sera progressivement réduite, jusqu’à un contrôle mensuel d’au moins 10 % des prescriptions. Le programme, signé pour 12 mois, est prolongeable. Le conseil médical de l’État et une partie de la profession s’y opposent, estimant qu’on accorde une forme de licence médicale à une machine.
Et en France ?
Rien de tel n’est envisageable à court terme : en France, une ordonnance doit être signée par un professionnel de santé habilité. Mais la téléconsultation et les outils d’aide au diagnostic progressent rapidement.
L’avis de Minute Actu
Commencer par l’acné est habile : le risque est faible et les traitements bien connus. Mais c’est un premier pas, et l’objectif affiché est clair : aller vers un « médecin IA » de bout en bout. La question n’est plus de savoir si l’IA prescrira un jour, mais qui sera responsable quand elle se trompera. Tant que cette question n’a pas de réponse, la prudence s’impose.
3 points à retenir
- L’Utah est le premier État américain à autoriser une IA à rédiger des ordonnances, dans un programme pilote.
- L’IA scanne le visage et prescrit l’un des huit traitements contre l’acné, uniquement des crèmes et gels.
- Les 100 premières ordonnances sont vérifiées, puis le contrôle humain tombera à 10 % des prescriptions.
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