Un arrêt de chantier, une amende et, peut-être, des poursuites. À Muhos, dans le nord de la Finlande, Google a fait abattre environ 250 000 arbres sur quelque 330 hectares pour un futur data center, avant la fin de l’évaluation environnementale obligatoire. Un second site, à Otanmäki près de Kajaani, est aussi concerné. Le projet s’inscrit dans un investissement de 13 milliards d’euros annoncé en septembre.
Que risque Google ?
- L’arrêt des travaux : ordonné le 6 octobre par l’autorité finlandaise de contrôle (LVV), qui peut l’assortir d’une amende si Google ne s’y conforme pas
- Une enquête de police : ouverte après la plainte d’un particulier, sur des soupçons d’exploitation forestière illégale
- Un durcissement de la loi : le ministère de l’Environnement se dit prêt à modifier la législation, et une pétition citoyenne a dépassé 96 000 signatures
Google soutient que ses travaux préparatoires ne nécessitaient pas de permis. Le directeur de Google Finlande, Antti Järvinen, s’est dit « extrêmement désolé » de la situation et l’entreprise promet de replanter 130 hectares, ce que les défenseurs de la nature jugent insuffisant. Le Premier ministre Petteri Orpo a parlé d’une « douche froide ».
Et en France, ce serait possible ?
C’est beaucoup plus encadré. En France, abattre un bois pour changer l’usage du sol est un défrichement, qui exige une autorisation préalable au-delà d’un seuil de surface fixé par département. Le défrichement illégal est puni d’une amende calculée au mètre carré et peut s’accompagner d’une obligation de reboiser. Un projet de cette taille est aussi soumis à une évaluation environnementale avant tout coup de pelle. Or la France veut, elle aussi, attirer les data centers de l’IA : 109 milliards d’euros d’investissements ont été annoncés en 2025, avec des dizaines de sites identifiés.
Questions fréquentes
Combien d’arbres Google a-t-il abattus en Finlande ?
Environ 250 000 à Muhos, sur environ 330 hectares, selon le Guardian. D’autres coupes ont eu lieu à Otanmäki, près de Kajaani.
Pourquoi Google est-il accusé ?
Les arbres ont été abattus avant la fin de l’évaluation environnementale obligatoire. Google estime que ces travaux préparatoires ne nécessitaient pas de permis.
Google a-t-il arrêté les travaux ?
Oui. L’autorité finlandaise a ordonné l’arrêt le 6 octobre, et Google dit avoir suspendu les travaux sur les deux sites.
Une telle coupe est-elle possible en France ?
Pas sans autorisation : un défrichement doit être autorisé au préalable, sous peine d’amende et d’obligation de reboiser.
L’avis de Minute Actu
La course aux data centers de l’IA se joue en mois, les procédures environnementales en années. Google a choisi d’aller plus vite que la loi, et la Finlande découvre le prix de son attractivité. La France, qui déroule le tapis rouge aux mêmes géants, ferait bien de regarder ce chantier de près.
3 points à retenir
- Environ 250 000 arbres abattus à Muhos, sur 330 hectares, avant la fin de l’évaluation environnementale.
- Google risque l’arrêt du chantier, une amende et une enquête de police est ouverte.
- En France, un tel défrichement exige une autorisation préalable, sous peine d’amende et de reboisement.
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