Alors que la justice doit se prononcer ce jeudi sur une possible suspension de Shein en France, le géant chinois tente de se défendre. L’entreprise affirme produire dans les mêmes usines asiatiques que de nombreuses marques européennes.
Une déclaration qui relance un débat plus large sur la réalité de l’industrie textile mondiale.
Shein affirme produire comme les autres
Shein assure ne pas être une exception. Selon la marque, ses vêtements sortent d’usines également utilisées par des groupes européens bien connus.
Dans les faits, des enseignes comme Kiabi, Decathlon ou H&M externalisent elles aussi massivement leur production en Asie. Toutes reconnaissent ce recours à la sous-traitance.
Mais elles affirment une chose : elles ne travailleraient pas avec les mêmes fournisseurs directs que Shein.
Une opacité quasi totale sur les fournisseurs
Le problème est là.
La traçabilité reste extrêmement limitée dans l’industrie textile.
Il est aujourd’hui quasi impossible de vérifier quels ateliers produisent réellement pour qui. Les chaînes d’approvisionnement sont fragmentées, mouvantes et rarement publiques.
Résultat : certaines marques européennes obtiennent 0/100 sur les critères de transparence concernant leurs fournisseurs. Une note qui interroge leur discours de vertu.
Un clivage sur le modèle, pas seulement sur le lieu
Le cœur du débat ne porte donc pas uniquement sur l’Asie.
Il concerne surtout la manière de produire.
Shein se distingue par un modèle de fast-fashion ultra-intensif :
- jusqu’à 7 000 nouvelles références par jour
- des délais de production très courts
- des prix extrêmement bas
Ce rythme n’a pas d’équivalent chez la majorité des acteurs européens, même les plus agressifs du secteur.
Une industrie entière sous pression
ONG et experts pointent un constat plus large.
La sous-traitance opaque n’est pas propre à Shein.
Elle concerne toute l’industrie textile mondiale, y compris des marques présentées comme plus responsables. La traçabilité reste l’angle mort du système.
La décision de justice attendue en France pourrait donc dépasser le cas Shein. Elle pourrait poser une question simple mais dérangeante : où commence réellement la responsabilité des marques.
Les 3 choses à retenir
- Shein affirme produire dans les mêmes usines asiatiques que ses concurrents européens.
- Les marques européennes démentent partager leurs fournisseurs directs, sans preuve vérifiable.
- Le vrai clivage porte sur le modèle de fast-fashion ultra-intensif et la transparence.














