Une journée au Parc Astérix qui le renvoie derrière les barreaux. Azim Epsirkhanov, 25 ans, déjà condamné dans le dossier de l’assassinat de Samuel Paty, a écopé lundi 31 août d’un an de prison ferme après avoir enfreint son assignation à résidence.
Alors qu’il avait l’interdiction de quitter les Hauts-de-Seine, où il résidait chez sa compagne dans l’attente de son éloignement du territoire français, le jeune homme a été contrôlé sur le parking du Parc Astérix, dans l’Oise.
L’exploitation de son téléphone a par ailleurs permis d’établir qu’il ne s’agissait pas de son unique déplacement en dehors du département.
Il avait aidé Abdoullakh Anzorov à acheter ses armes
Le nom d’Azim Epsirkhanov est directement lié au dossier de l’assassinat de Samuel Paty, professeur d’histoire-géographie tué le 16 octobre 2020 à Conflans-Sainte-Honorine.
Proche d’Abdoullakh Anzorov, il l’avait aidé à se procurer un couteau et un pistolet d’airsoft avant l’attentat.
En première instance, Azim Epsirkhanov avait été condamné en décembre 2024 à 16 ans de réclusion criminelle pour complicité d’assassinat terroriste.
Mais cette qualification a changé en appel.
En mars 2026, sa peine a été ramenée à sept ans de prison pour association de malfaiteurs, la complicité d’assassinat n’ayant finalement pas été retenue.
Epsirkhanov a toujours affirmé qu’il ignorait le projet d’Abdoullakh Anzorov de tuer Samuel Paty.
Libéré puis assigné à résidence
Après cette décision en appel, Azim Epsirkhanov est sorti de prison en avril 2026, compte tenu du temps qu’il avait déjà passé en détention.
Mais il n’était pas pour autant totalement libre de ses mouvements.
La préfecture l’avait assigné à résidence chez sa compagne dans les Hauts-de-Seine, dans l’attente de son expulsion du territoire français.
Il devait notamment se présenter deux fois par jour au commissariat et n’était pas autorisé à quitter le département.
Contrôlé sur le parking du Parc Astérix
Vendredi, vers 15h30, les forces de l’ordre l’ont pourtant contrôlé à Plailly, dans l’Oise.
Il se trouvait sur le parking du Parc Astérix après avoir passé du temps dans le célèbre parc d’attractions.
Problème : Plailly se trouve largement en dehors du périmètre dans lequel il était autorisé à circuler.
Présenté lundi devant le tribunal correctionnel de Senlis en comparution immédiate, Azim Epsirkhanov a évoqué une « incompréhension » et une mauvaise lecture de la décision administrative.
Il a assuré qu’il n’avait jamais cherché à se soustraire à son assignation.
Il aurait quitté les Hauts-de-Seine à huit reprises
L’examen de son téléphone a cependant compliqué sa défense.
Selon les éléments exposés à l’audience, Azim Epsirkhanov aurait quitté les Hauts-de-Seine à huit reprises, y compris la nuit.
Son déplacement au Parc Astérix n’aurait donc pas constitué un incident isolé.
Le parquet s’est notamment interrogé à l’audience sur les raisons de ses différents déplacements compte tenu de son profil judiciaire.
Un an de prison ferme et interdiction définitive du territoire
Le tribunal de Senlis l’a finalement condamné à un an de prison ferme pour non-respect de son assignation à résidence.
Il retourne donc en détention quelques mois seulement après sa libération.
Une interdiction définitive du territoire français a également été prononcée.
Azim Epsirkhanov conteste par ailleurs devant la justice administrative son éloignement de France, invoquant les risques auxquels il estime être exposé en cas de retour en Russie.
Le vrai sujet
Cette affaire nécessite de bien distinguer les deux condamnations d’Azim Epsirkhanov.
Dans l’affaire Samuel Paty, il avait effectivement été reconnu coupable en première instance de complicité d’assassinat terroriste. Mais cette qualification n’a pas été conservée en appel : en mars 2026, il a finalement été condamné à sept ans pour association de malfaiteurs.
La condamnation prononcée lundi est totalement différente : elle sanctionne le non-respect de son assignation à résidence.
Le déplacement au Parc Astérix est spectaculaire, mais le dossier présenté devant le tribunal ne reposait pas uniquement sur cette sortie : le parquet a affirmé qu’il avait quitté à plusieurs reprises le département dans lequel il était assigné.
Les 3 choses à retenir
- Azim Epsirkhanov a été contrôlé au Parc Astérix alors que son assignation à résidence lui interdisait de quitter les Hauts-de-Seine.
- Son téléphone a montré qu’il aurait quitté le département à huit reprises, y compris la nuit.
- Le tribunal de Senlis l’a condamné à un an de prison ferme, le renvoyant en détention quelques mois après sa libération.














