Nouvelle affaire sensible à Saint-Denis. Le maire Bally Bagayoko (LFI) est visé par une plainte déposée auprès du Parquet national financier (PNF) par l’association AC!! Anti-Corruption, a-t-on appris ce vendredi 7 août.
L’association évoque des soupçons de détournement de fonds publics, emploi fictif, prise illégale d’intérêts, favoritisme, manquement à la probité et cumul irrégulier d’activités publiques. La démarche fait notamment suite à des révélations du Canard enchaîné concernant le cumul, pendant plusieurs années, de l’activité professionnelle de Bally Bagayoko à la RATP avec ses fonctions d’élu.
À ce stade, il s’agit de soupçons formulés dans une plainte. Aucune des infractions évoquées n’est judiciairement établie.
Un emploi à la RATP au cœur des interrogations
Selon les informations publiées dans la presse, Bally Bagayoko aurait occupé pendant plusieurs années un poste de cadre à temps plein à la RATP parallèlement à ses responsabilités politiques.
Il a notamment été adjoint au maire de Saint-Denis puis vice-président du conseil départemental de Seine-Saint-Denis avant de devenir maire de la ville en 2026.
Le JDD, reprenant les révélations du Canard enchaîné, rapporte une rémunération à la RATP supérieure à 6 000 euros par mois.
C’est notamment la compatibilité entre cet emploi et l’exercice de ses différents mandats qui intéresse l’association anticorruption.
Ce que demande AC!! Anti-Corruption
L’association souhaite que la justice vérifie les conditions dans lesquelles Bally Bagayoko a cumulé son activité professionnelle et ses mandats.
Elle demande notamment de déterminer s’il disposait des autorisations nécessaires et s’il exerçait effectivement les fonctions correspondant à son poste au sein de la RATP.
Ces interrogations ne permettent pas, à elles seules, de conclure à l’existence d’un emploi fictif ou d’un détournement de fonds publics. Il appartient désormais au PNF d’apprécier les éléments transmis et de décider des éventuelles suites à donner à la plainte.
Une affaire politiquement sensible à Saint-Denis
L’affaire intervient seulement quelques mois après l’élection de Bally Bagayoko à la mairie de Saint-Denis.
Le nouvel édile insoumis avait remporté la ville lors des élections municipales de 2026 et s’était rapidement retrouvé au centre de l’actualité nationale, notamment après des propos tenus à son encontre sur CNews qui avaient déclenché une importante polémique.
Cette fois, le sujet est judiciaire et concerne directement son parcours professionnel et politique.
Le vrai sujet
Le point essentiel est de distinguer une plainte, une enquête et une condamnation.
Le dépôt d’une plainte auprès du Parquet national financier signifie qu’une association demande à la justice d’examiner des faits qu’elle estime potentiellement répréhensibles. Cela ne signifie ni que le PNF partage cette analyse, ni que Bally Bagayoko a commis les infractions mentionnées.
Le parquet devra désormais décider des suites : examen des éléments transmis, éventuelles investigations ou classement sans suite.
Pour Bally Bagayoko, l’enjeu est néanmoins important : les soupçons concernent directement la compatibilité entre ses activités professionnelles rémunérées et l’exercice de ses mandats publics.
Les 3 choses à retenir
- Bally Bagayoko est visé par une plainte déposée auprès du Parquet national financier par AC!! Anti-Corruption.
- L’association s’interroge notamment sur le cumul pendant plusieurs années de son emploi de cadre à la RATP avec plusieurs mandats politiques.
- À ce stade, aucune culpabilité n’est établie : il revient au PNF de déterminer quelles suites donner à cette plainte.













