Bagui Traoré, l’un des frères d’Adama Traoré et d’Assa Traoré, aurait été interpellé lundi soir à Dugny, en Seine-Saint-Denis. Selon des informations circulant ce mardi, il aurait été recherché par la justice et aurait tenté de dissimuler son identité lors d’un contrôle de police. Plusieurs détails très précis concernant cette nouvelle interpellation restent toutefois à confirmer par une source judiciaire ou policière identifiable. En revanche, le passé judiciaire de Bagui Traoré est bien documenté : il a notamment été condamné à 30 mois de prison ferme en 2018 pour des extorsions et escroqueries visant des personnes vulnérables.
Une interpellation à Dugny évoquée ce lundi soir
Selon le récit actuellement diffusé, Bagui Traoré aurait été contrôlé vers 21 h 30 lundi soir à Dugny, en Seine-Saint-Denis, par des policiers de la brigade anticriminalité.
Il aurait fourni une fausse identité aux fonctionnaires.
Un passeport retrouvé lors de la palpation aurait cependant permis aux policiers d’établir sa véritable identité.
Bagui Traoré aurait alors tenté de prendre la fuite avant d’être rattrapé et maîtrisé.
Il aurait ensuite été placé en garde à vue, notamment pour des faits présentés comme une usurpation d’identité et une tentative d’évasion ou de fuite.
Ces circonstances précises doivent cependant être considérées comme provisoires : au moment de la publication, nous n’avons pas trouvé de communication du parquet ou de source médiatique suffisamment solide permettant de toutes les confirmer.
Il aurait été recherché par la justice
Autre affirmation circulant autour de cette interpellation : Bagui Traoré aurait fait l’objet d’un mandat de recherche et aurait été inscrit à plusieurs reprises au Fichier des personnes recherchées (FPR).
Là encore, le nombre de huit inscriptions avancé dans certaines publications n’a pas pu être indépendamment vérifié.
Une inscription au FPR ne correspond par ailleurs pas nécessairement à huit affaires pénales ou huit mandats d’arrêt différents.
Le fichier peut contenir des signalements correspondant à différentes décisions judiciaires ou administratives : mandat de recherche ou d’arrêt, obligations liées à l’exécution d’une peine, interdictions judiciaires ou encore recherches réalisées dans le cadre d’une enquête.
Le motif précis des éventuelles inscriptions de Bagui Traoré est donc essentiel avant d’en tirer une conclusion.
Bagui Traoré possède en revanche un lourd passé judiciaire
Sur ce point, les faits sont documentés depuis plusieurs années.
En avril 2018, le tribunal correctionnel de Pontoise a condamné Bagui Traoré à 30 mois de prison ferme.
Il avait été reconnu coupable d’une série d’extorsions et d’escroqueries commises sur des personnes vulnérables entre 2015 et 2016.
Deux femmes placées sous curatelle renforcée figuraient notamment parmi les victimes de cette affaire.
Le procureur avait décrit lors du procès un véritable système destiné à obtenir de l’argent auprès de personnes considérées comme particulièrement vulnérables.
Une affaire directement liée aux événements du 19 juillet 2016
Cette condamnation possède une importance particulière dans l’histoire de l’affaire Adama Traoré.
C’est en effet dans le cadre de cette enquête concernant Bagui Traoré que les gendarmes sont intervenus à Beaumont-sur-Oise le 19 juillet 2016.
Les forces de l’ordre cherchaient initialement Bagui.
Adama Traoré, qui se trouvait sur place, avait pris la fuite avant d’être poursuivi puis interpellé par les gendarmes.
Il était décédé quelques heures plus tard, à l’âge de 24 ans.
Le décès d’Adama et les circonstances de son interpellation ont ensuite donné naissance à une affaire judiciaire et politique totalement distincte, portée publiquement notamment par sa sœur Assa Traoré.
Le fait que l’opération initiale concernait une enquête visant Bagui est néanmoins bien établi.
D’autres condamnations concernant Bagui Traoré
Bagui Traoré avait également été condamné après des incidents survenus quelques mois après la mort de son frère.
En décembre 2016, le tribunal correctionnel de Pontoise l’avait condamné à huit mois de prison ferme pour des violences commises contre des policiers, ainsi que pour des faits liés aux affrontements survenus en marge d’un conseil municipal à Beaumont-sur-Oise.
Il avait fait appel.
À l’époque, le parquet avait rappelé à l’audience qu’il comptait déjà plusieurs condamnations à son casier judiciaire, notamment pour des vols avec violence et des extorsions.
Son passé judiciaire ne constitue donc pas une révélation apparue avec la nouvelle interpellation évoquée à Dugny.
Attention à ne pas confondre Bagui et l’affaire Adama Traoré
C’est le point essentiel pour comprendre cette nouvelle actualité.
Les condamnations de Bagui Traoré sont des faits judiciaires établis.
Elles peuvent être rappelées lorsqu’il est lui-même au centre d’une nouvelle affaire.
Mais elles ne permettent pas, par extension, de déterminer ce qui s’est produit lors de l’interpellation et de la mort de son frère Adama.
Ce sont juridiquement deux sujets différents.
De la même manière, les éventuelles infractions commises par Bagui ne peuvent pas être imputées à sa sœur Assa ou aux autres membres de sa famille.
Le vrai sujet
Cette nouvelle interpellation, si ses circonstances sont confirmées, remet surtout en lumière un élément parfois oublié de l’affaire de 2016 : l’opération ayant précédé la mort d’Adama Traoré avait initialement pour objectif l’interpellation de son frère Bagui dans une enquête judiciaire.
Cette affaire a ensuite abouti à sa condamnation en 2018 à 30 mois de prison ferme pour des extorsions et escroqueries commises sur des personnes vulnérables.
Il est donc parfaitement légitime de rappeler le passé judiciaire de Bagui Traoré lorsqu’il fait lui-même l’actualité.
Mais transformer ces condamnations en jugement global sur « la famille Traoré » serait beaucoup moins rigoureux.
L’affaire Adama porte sur les circonstances précises de la mort d’Adama après son interpellation. Le passé judiciaire de Bagui porte sur les actes pour lesquels Bagui a personnellement été poursuivi et condamné.
Les deux histoires se croisent le 19 juillet 2016, mais elles ne doivent pas être confondues.
Enfin, concernant les informations diffusées ce mardi sur Dugny, la prudence reste nécessaire : l’interpellation et surtout ses circonstances exactes devront être confirmées par une source judiciaire ou policière avant de pouvoir être présentées comme définitivement établies.
Les 3 choses à retenir
- Bagui Traoré aurait été interpellé lundi soir à Dugny, mais les circonstances détaillées actuellement diffusées — mandat de recherche, huit inscriptions au FPR, fausse identité et tentative de fuite — restent à confirmer par une source suffisamment solide.
- Bagui Traoré a bien été condamné en 2018 à 30 mois de prison ferme pour une série d’extorsions et d’escroqueries visant des personnes vulnérables.
- Cette affaire était à l’origine de l’intervention des gendarmes du 19 juillet 2016 : ils recherchaient Bagui avant qu’Adama Traoré ne prenne la fuite puis soit interpellé.














