Le passage à la pompe devient de plus en plus douloureux pour les Français. Alors que le prix du gazole atteint désormais environ 2,34 euros le litre en moyenne nationale, des automobilistes commencent à s’inquiéter sérieusement pour leur budget. « Si le gouvernement ne fait pas quelque chose, ça risque de faire mal », témoigne Marie, préparatrice en pharmacie. L’exécutif a déjà prolongé plusieurs dispositifs d’aide, mais aucune baisse générale des taxes ou remise universelle à la pompe n’a pour l’instant été annoncée.
Le gazole autour de 2,34 euros le litre
Les chiffres expliquent l’inquiétude des automobilistes.
Ce mardi 15 septembre 2026, le gazole s’affiche autour de 2,34 euros le litre en moyenne en France, selon les relevés effectués à partir des déclarations récentes des stations-service.
Le SP95-E10 tourne quant à lui autour de 2,14 à 2,15 euros le litre, tandis que le SP98 dépasse 2,24 euros.
Le diesel reste donc particulièrement touché.
PrixCarbu relève une augmentation d’environ 4,4 centimes en une semaine pour le gazole. Sur un plein de 50 litres, un prix de 2,34 euros représente désormais environ 117 euros.
Pour les salariés qui doivent prendre leur voiture quotidiennement, la facture peut rapidement devenir considérable.
« Ça risque de faire mal »
C’est précisément ce que redoute Marie, préparatrice en pharmacie.
Comme de nombreux actifs dépendant de leur véhicule pour aller travailler, elle s’inquiète de voir le carburant absorber une part croissante de son budget.
« Si le gouvernement ne fait pas quelque chose, ça risque de faire mal », estime-t-elle.
Ce type de témoignage illustre une difficulté particulière : tous les Français n’ont pas la possibilité de réduire facilement leurs déplacements.
Dans les zones rurales et périurbaines notamment, la voiture reste souvent indispensable pour travailler, faire les courses ou accompagner les enfants.
Une hausse de quelques dizaines de centimes par litre peut alors représenter plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines d’euros supplémentaires sur plusieurs mois.
Pourquoi les carburants augmentent-ils autant ?
La principale explication se trouve sur les marchés internationaux.
Le gouvernement attribue officiellement la remontée des prix à plusieurs facteurs : la persistance du blocage du détroit d’Ormuz, les affrontements entre les États-Unis et l’Iran et les tensions sur le raffinage.
Ces événements ont fortement perturbé le marché pétrolier mondial.
Or le prix payé à la station dépend notamment du coût du pétrole brut, du raffinage, du transport et de la distribution, mais également des taxes.
Lorsque le pétrole et les produits raffinés deviennent durablement plus chers, la hausse finit donc par atteindre les pompes françaises.
Le gouvernement reconnaît une situation « extrêmement difficile »
L’exécutif ne cache plus son inquiétude.
À l’issue du Conseil des ministres du 10 septembre, la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon reconnaissait une situation « extrêmement difficile » pour de nombreux Français.
Elle confirmait également que les prix des carburants avaient continué à augmenter.
Mais le gouvernement reste prudent sur l’évolution des prochains mois.
« Je ne sais pas vous dire quels seront les prix du carburant dans 2, 3, 4, 5 mois. Et personne ne sait en réalité précisément le dire », expliquait Maud Bregeon.
L’exécutif privilégie pour le moment des aides ciblées plutôt qu’une intervention générale sur tous les prix à la pompe.
Une aide de 100 euros pour certains travailleurs
Parmi ces dispositifs figure l’indemnité destinée aux « grands rouleurs ».
Elle atteint 100 euros et s’adresse, sous conditions, aux travailleurs modestes utilisant leur véhicule personnel pour leur activité professionnelle.
Le gouvernement estime que près de trois millions de Français peuvent en bénéficier.
Selon Bercy, ces 100 euros correspondent à environ 20 centimes par litre sur une consommation moyenne de six mois. Le guichet permettant de demander l’aide a été prolongé jusqu’au 30 septembre 2026.
Mais tous les automobilistes ne remplissent évidemment pas les conditions.
C’est ce qui alimente les demandes d’une intervention plus large.
Des aides également prolongées pour plusieurs professions
Le gouvernement a aussi décidé de maintenir ses soutiens à certains secteurs particulièrement exposés.
Pour les agriculteurs, par exemple, l’aide à la pompe de 15 centimes par litre a été reconduite pour septembre et octobre, pour un coût estimé à 55 millions d’euros par mois.
Des mécanismes spécifiques existent également pour les pêcheurs, les transporteurs routiers, certaines entreprises du BTP, les TPE-PME ou encore les aides à domicile.
Le choix politique est donc clair : cibler prioritairement les personnes et secteurs considérés comme les plus dépendants du carburant.
Une remise pour tous les automobilistes ?
C’est désormais la question centrale.
Face à la hausse, certains automobilistes espèrent le retour d’un mécanisme comparable aux remises générales accordées lors de précédentes crises énergétiques.
Mais une telle mesure aurait un coût budgétaire considérable.
Pour l’instant, le gouvernement n’a pas annoncé de remise universelle supplémentaire applicable à chaque litre acheté par tous les automobilistes.
Il affirme adapter progressivement ses dispositifs en fonction de l’évolution de la crise.
La situation pourrait donc évoluer si les prix continuaient à grimper.
Le vrai sujet
Le problème ne se résume pas à quelques centimes supplémentaires affichés sur les panneaux des stations-service.
À 2,34 euros le litre, un plein de 50 litres de gazole coûte environ 117 euros.
Un automobiliste effectuant deux pleins par mois dépasse ainsi 230 euros de carburant mensuels, avant même de compter l’assurance, l’entretien, le stationnement ou le crédit automobile.
C’est précisément pourquoi la hausse touche très différemment les Français.
Une personne disposant de transports en commun peut parfois réduire son utilisation de la voiture. Un salarié habitant à plusieurs dizaines de kilomètres de son lieu de travail n’a pas nécessairement cette possibilité.
Le gouvernement a donc choisi de concentrer ses aides sur les « grands rouleurs » et les professions les plus exposées.
Mais plus le prix du carburant augmente, plus la frontière entre les ménages considérés comme prioritaires et les autres devient politiquement difficile à maintenir.
Le témoignage de Marie résume finalement cette inquiétude : combien de temps les ménages pourront-ils absorber la hausse avant qu’une nouvelle intervention générale de l’État ne devienne nécessaire ?
La réponse dépendra largement de l’évolution du pétrole et de la crise au Moyen-Orient dans les prochaines semaines.
Les 3 choses à retenir
- Le gazole atteint environ 2,34 euros le litre en moyenne en France ce 15 septembre, tandis que l’E10 se situe autour de 2,15 euros.
- Le gouvernement attribue notamment cette hausse aux perturbations autour du détroit d’Ormuz, aux tensions États-Unis-Iran et aux difficultés de raffinage.
- Une aide de 100 euros reste accessible sous conditions à près de trois millions de travailleurs « grands rouleurs », avec des demandes possibles jusqu’au 30 septembre.














