mercredi 28 octobre 2026
Marchés & Bourse

MiCA : 70 % des clients européens ayant quitté Binance ont préféré les portefeuilles froids aux plateformes régulées

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Le règlement européen MiCA devait renforcer la protection des investisseurs et encourager les utilisateurs à se tourner vers des plateformes crypto agréées. Pourtant, selon Binance, la majorité des clients européens ayant quitté l’exchange ont fait un tout autre choix : conserver eux-mêmes leurs cryptomonnaies sur des portefeuilles froids plutôt que de les transférer vers un acteur régulé.

70 % des fonds transférés vers des portefeuilles auto-hébergés

Lors du Reuters NEXT Asia Summit, Richard Teng, le PDG de Binance, a affirmé que 70 % des fonds retirés par les clients européens après l’arrêt des services de la plateforme dans l’Union européenne ont été envoyés vers des portefeuilles auto-hébergés (« self-custody »). Seuls 30 % auraient été transférés vers des plateformes conformes au règlement MiCA.

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Cette migration intervient après le retrait de Binance du marché européen, faute d’avoir obtenu à temps une licence MiCA lui permettant de continuer à opérer dans l’Union européenne.

Une précision importante sur les chiffres

Le chiffre avancé par Richard Teng a rapidement suscité des interrogations.

Dans son intervention, le dirigeant de Binance évoque en réalité 70 % des fonds retirés, et non 70 % des utilisateurs. Cette nuance est importante : quelques gros portefeuilles peuvent représenter une part significative des actifs transférés, sans refléter le comportement de la majorité des clients. Cette statistique n’a par ailleurs pas été auditée de manière indépendante et Binance n’a pas détaillé sa méthodologie de calcul.

Pourquoi les investisseurs privilégient-ils le « cold wallet » ?

Les portefeuilles froids permettent aux détenteurs de cryptomonnaies de conserver eux-mêmes leurs clés privées, sans dépendre d’une plateforme d’échange.

Pour de nombreux investisseurs expérimentés, cette solution offre un meilleur contrôle des actifs et réduit le risque lié à une faillite ou à un piratage d’un intermédiaire centralisé. En contrepartie, elle impose à l’utilisateur l’entière responsabilité de la sécurité de ses cryptomonnaies.

Le vrai sujet

Ces chiffres relancent le débat sur les effets du règlement MiCA.

L’objectif de cette réglementation est d’encadrer les plateformes crypto afin de mieux protéger les investisseurs. Mais selon Binance, une partie importante des capitaux est finalement sortie du périmètre des plateformes régulées pour être stockée sur des portefeuilles privés, qui échappent aux obligations de contrôle, de connaissance du client (KYC) et de lutte contre le blanchiment applicables aux prestataires agréés.

Il convient toutefois de rester prudent : ces données proviennent de Binance elle-même, qui conteste les conséquences de MiCA sur son activité en Europe. Elles n’ont pas été vérifiées par une source indépendante.

3 points à retenir

  1. Binance affirme que 70 % des fonds retirés par ses clients européens ont été envoyés vers des portefeuilles auto-hébergés.
  2. Seuls 30 % auraient été transférés vers des plateformes agréées MiCA.
  3. Ces chiffres proviennent de Binance et n’ont pas fait l’objet d’une vérification indépendante.
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