La barre symbolique des 2,80 euros le litre est désormais franchie dans certaines stations-service françaises. Ce jeudi 17 septembre, le diesel est affiché jusqu’à 2,89 euros le litre à Ostwald, près de Strasbourg, tandis qu’une station d’Eure-et-Loir propose le gazole à 2,84 euros. Des tarifs exceptionnels qui se rapprochent dangereusement des 3 euros. Mais attention : ils ne représentent pas la moyenne nationale, qui se situe autour de 2,36 euros pour le gazole.
2,89 euros le litre de diesel près de Strasbourg
Le prix affiché sur le panneau a de quoi surprendre.
Dans une station-service d’Ostwald, dans le Bas-Rhin, TF1 a constaté ce jeudi matin un litre de gazole vendu 2,89 euros.
Soit seulement onze centimes sous la barre symbolique des 3 euros.
Les automobilistes rencontrés sur place ne cachent pas leur stupéfaction. L’un d’entre eux explique à TF1 avoir « halluciné » en découvrant les tarifs.
La station est loin d’être représentative de l’ensemble du territoire, mais elle illustre jusqu’où les prix peuvent désormais monter dans certains points de vente.
2,84 euros dans une station d’autoroute
Autre exemple spectaculaire à Fresnay-l’Évêque, en Eure-et-Loir.
Dans une station située sur une aire d’autoroute, le diesel atteint 2,84 euros le litre, soit environ 50 centimes de plus que la moyenne nationale.
À ce tarif, les automobilistes semblent d’ailleurs éviter la station : très peu de véhicules s’y arrêtent, selon les observations rapportées sur place.
Quelques jours auparavant, une station de la Côte d’Azur affichait même le gazole à 2,97 euros, le SP98 à 2,80 euros et le SP95-E10 à 2,65 euros.
Dans certains points de vente particulièrement chers, la France a donc déjà pratiquement atteint la barre des 3 euros le litre.
Le diesel coûte désormais environ 2,36 euros en moyenne
Il faut toutefois distinguer ces prix extrêmes de la situation nationale.
Ce jeudi 17 septembre, le litre de gazole se situe autour de 2,36 euros en moyenne, après une nouvelle augmentation d’environ six centimes.
Le SP98 atteint environ 2,24 euros, tandis que le SP95 se situe autour de 2,22 euros.
Les données officielles montrent également d’importantes différences entre stations.
À Bessières, en Haute-Garonne, un Super U affichait ce jeudi le gazole à 2,469 euros. À Haillicourt, dans le Pas-de-Calais, un Carrefour Market l’affichait à 2,496 euros.
À l’inverse, certaines stations TotalEnergies affichent actuellement le diesel à 2,25 euros, notamment dans le cadre du plafonnement mis en place par le groupe.
Un plein de 50 litres peut dépasser 140 euros
La différence devient particulièrement concrète au moment de passer à la caisse.
Avec un gazole à 2,84 euros, un plein de 50 litres représente 142 euros.
À 2,89 euros, la facture atteint 144,50 euros.
Et si le seuil des 3 euros était franchi, ce même plein coûterait 150 euros.
À titre de comparaison, avec un litre à 1,70 euro, 50 litres représentent 85 euros.
L’écart atteint donc près de 60 euros sur un seul plein pour un automobiliste contraint de s’approvisionner dans l’une des stations les plus chères.
Pourquoi les carburants flambent-ils autant ?
Cette envolée s’inscrit dans un contexte de forte tension sur les marchés pétroliers.
Le baril de Brent évoluait encore autour de niveaux extrêmement élevés ces derniers jours, après avoir approché les 108 dollars en début de semaine.
Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les perturbations affectant l’approvisionnement en pétrole ont poussé les cours vers le haut.
Et la hausse finit progressivement par arriver dans les stations françaises.
Les prix à la pompe ne suiventent toutefois pas instantanément et uniformément le pétrole : coûts de raffinage, transport, stocks disponibles, marges et niveau de concurrence locale peuvent également créer d’importants écarts entre deux stations.
Cela explique pourquoi un automobiliste peut aujourd’hui trouver du gazole autour de 2,25 euros dans une station et à plus de 2,80 euros dans une autre.
Une aide de 100 euros, mais pas pour tout le monde
Face à la flambée, le gouvernement a remis en place une indemnité carburant de 100 euros destinée à certains travailleurs modestes qui utilisent beaucoup leur véhicule pour leur activité professionnelle.
Près de trois millions de personnes sont potentiellement concernées.
Mais il ne s’agit pas d’une remise générale appliquée directement à la pompe.
Pour les autres automobilistes, aucune nouvelle ristourne universelle comparable aux dispositifs déployés lors de la crise énergétique de 2022 n’est actuellement appliquée.
La pression politique augmente donc à mesure que les prix progressent.
Ce jeudi, le gouvernement est également confronté à la colère des pêcheurs, particulièrement exposés au coût du carburant, qui réclament des mesures supplémentaires.
Les 3 euros deviennent-ils possibles ?
Dans certaines stations, la question n’est pratiquement plus théorique.
Un gazole affiché à 2,97 euros signifie que le seuil est déjà à seulement trois centimes.
Cela ne signifie toutefois pas que le diesel va atteindre 3 euros en moyenne nationale.
Pour arriver à un tel niveau sur l’ensemble du territoire, il faudrait encore une augmentation considérable par rapport aux quelque 2,36 euros constatés actuellement.
Mais la multiplication des stations dépassant 2,50 euros montre que les prix extrêmes sont désormais devenus une réalité pour certains automobilistes.
Le vrai sujet
Le chiffre de 2,80 euros est spectaculaire, mais il faut éviter une confusion essentielle.
La France n’est pas passée à 2,80 euros le litre en moyenne.
Ce sont certaines stations, notamment sur autoroute ou dans des zones où les prix sont particulièrement élevés, qui atteignent ou dépassent désormais ce niveau.
Les données officielles du 17 septembre montrent par exemple du gazole à 2,406 euros à Blaye-les-Mines, 2,469 euros à Bessières ou 2,496 euros à Haillicourt.
Mais ces prix restent déjà extrêmement élevés.
Le véritable signal d’alarme est donc ailleurs : les stations les plus chères commencent à se rapprocher des 3 euros alors même que la moyenne nationale dépasse déjà largement les 2 euros.
Et chaque nouvelle hausse du pétrole augmente la probabilité de voir ces tarifs extrêmes se multiplier.
Le seuil psychologique des 3 euros, longtemps considéré comme un scénario presque inimaginable pour les carburants routiers en France métropolitaine, n’est désormais plus qu’à quelques centimes dans certaines stations.
Les 3 choses à retenir
- Le diesel atteint jusqu’à 2,89 euros le litre ce 17 septembre dans une station d’Ostwald, près de Strasbourg. Une autre station d’autoroute affiche 2,84 euros.
- Ces tarifs ne représentent pas la moyenne française : le gazole coûte environ 2,36 euros le litre en moyenne, tandis que le SP95 tourne autour de 2,22 euros.
- La barre des 3 euros est déjà frôlée dans certaines stations, avec un prix de 2,97 euros le litre de diesel observé récemment sur la Côte d’Azur.














