Le philosophe ne mâche pas ses mots. Dans un grand entretien accordé au Figaro, Alain Finkielkraut s’en prend frontalement au mouvement lycéen. « Ils réclament 10 milliards tout rond pour cesser le mouvement. Pendant ce temps, les plus motivés saccagent ou incendient des lycées et agressent des professeurs », lance l’académicien.
« Comment leur en vouloir ? »
Pour Alain Finkielkraut, le contraste entre les revendications et les moyens employés pour les faire entendre est « vertigineux ». Il en tire une conclusion amère : « Comment peut-on en vouloir aux nouveaux enseignants, de plus en plus nombreux à jeter l’éponge ou à choisir une autre voie que l’enseignement ? » Dans l’entretien, intitulé « Le baccalauréat est devenu un droit de l’homme », il voit dans le blocus le symptôme d’une jeunesse en partie instrumentalisée par LFI, mais aussi d’une faillite de la transmission.
10 milliards, la revendication phare
Le chiffre n’est pas inventé : l’Union syndicale lycéenne réclame bien un plan de 10 milliards d’euros pour les lycées et la suppression de Parcoursup. Ce mardi encore, pour l’« acte V » du mouvement, plus de 200 lycées étaient fermés, un chiffre en net recul par rapport au pic de 800 du 6 octobre, selon le ministère.
L’avis de Minute Actu
Alain Finkielkraut met le doigt sur une vraie contradiction : on ne peut pas réclamer plus de moyens pour l’école tout en incendiant des écoles. Mais réduire le mouvement à ses casseurs serait une erreur. Les professeurs non remplacés, les classes surchargées, les bâtiments délabrés existent bel et bien. Le vrai défi est de séparer les revendications légitimes de la violence, pour enfin pouvoir répondre aux premières.
3 points à retenir
- Alain Finkielkraut dénonce des lycéens qui réclament « 10 milliards tout rond » tout en saccageant des lycées.
- Il comprend les jeunes professeurs qui jettent l’éponge face à cette violence.
- L’Union syndicale lycéenne réclame bien un plan de 10 milliards et la fin de Parcoursup.
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