Le Rassemblement national veut interdire le port du voile islamique dans l’espace public et sanctionner les contrevenantes par une amende s’il accède au pouvoir en 2027. Jean-Philippe Tanguy l’a confirmé dimanche 30 août sur BFMTV, allant jusqu’à comparer cette future sanction à celle infligée aux automobilistes ne portant pas leur ceinture de sécurité.
Une déclaration qui clarifie la position du RN après plusieurs années d’hésitations internes sur la mise en œuvre d’une interdiction générale du voile.
« Elles auront une amende »
Jean-Philippe Tanguy a été particulièrement clair sur les conséquences concrètes de la mesure envisagée.
Si le RN arrive au pouvoir et que l’interdiction est adoptée, les femmes continuant à porter le voile dans l’espace public seraient sanctionnées.
« S’il y a des femmes qui portent le voile alors qu’il est interdit, elles auront une amende », a déclaré le député de la Somme, avant de comparer cette situation aux « gens qui ne mettent pas de ceinture de sécurité ».
Le montant de cette éventuelle contravention n’a pas été précisé.
Le RN assure que la question a été « tranchée »
Cette annonce est importante car la stratégie du Rassemblement national sur le voile avait suscité des interrogations au cours des dernières années.
L’interdiction dans l’espace public figurait déjà dans les programmes présidentiels de Marine Le Pen. Mais la mesure avait ensuite été discutée en interne, notamment en raison des difficultés juridiques et pratiques que pourrait poser son application.
Jean-Philippe Tanguy assure désormais que le débat interne est terminé : « Ça a été tranché », a-t-il déclaré.
Le député affirme également vouloir ainsi « combattre l’idéologie islamiste » et agir en solidarité avec les femmes qui sont contraintes de porter le voile dans certains pays.
Le voile simple est actuellement autorisé dans la rue
La proposition constituerait une modification majeure du droit français.
Aujourd’hui, une femme peut porter un hijab ou un foulard laissant apparaître son visage dans l’espace public.
La situation est différente pour les vêtements dissimulant entièrement le visage : depuis la loi de 2010, la dissimulation du visage dans l’espace public est interdite, ce qui concerne notamment le niqab et la burqa.
Le projet défendu par le RN irait donc beaucoup plus loin puisqu’il viserait le voile islamique ne dissimulant pas le visage.
Une bataille juridique en perspective
Annoncer politiquement une interdiction ne signifie cependant pas qu’elle pourrait être appliquée immédiatement après une éventuelle victoire de Marine Le Pen.
Une interdiction générale d’un signe religieux dans l’espace public soulèverait d’importantes questions concernant notamment la liberté de religion, la liberté individuelle et le principe d’égalité.
Le texte et les modalités retenues seraient donc déterminants, et une telle réforme pourrait faire l’objet de contestations devant les juridictions françaises et européennes.
C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles la question de la faisabilité de cette mesure a régulièrement divisé ou embarrassé le RN ces dernières années.
Le vrai sujet
La déclaration de Jean-Philippe Tanguy marque surtout une clarification politique à quelques mois de l’élection présidentielle de 2027.
Le RN ne parle plus seulement d’une opposition de principe au voile : l’un des proches de Marine Le Pen décrit désormais précisément la sanction envisagée pour les femmes qui ne respecteraient pas l’interdiction.
Mais il faut distinguer la promesse politique de son application juridique.
Pour qu’une telle amende existe, il faudrait d’abord qu’un texte interdisant le voile dans l’espace public soit adopté et puisse résister aux éventuelles contestations constitutionnelles et européennes.
Le débat ne porterait donc pas seulement sur le montant ou l’application des amendes, mais sur une question beaucoup plus fondamentale : jusqu’où l’État peut-il limiter le port d’un signe religieux dans l’espace public ?
Les 3 choses à retenir
- Jean-Philippe Tanguy confirme que le RN veut interdire le voile islamique dans l’espace public s’il arrive au pouvoir en 2027.
- Les femmes ne respectant pas cette interdiction recevraient une amende, comparée par le député à la sanction pour non-port de la ceinture de sécurité.
- Une telle interdiction n’existe pas actuellement pour le voile laissant le visage découvert et sa mise en œuvre soulèverait d’importantes questions juridiques.














