Quatorze ans après sa disparition, Xavier Dupont de Ligonnès continue de fasciner la France.
Une enquête publiée par Ouest-France révèle qu’un mystérieux compte baptisé « Epsilon », actif sur un forum catholique jusqu’en 2017, pourrait avoir été utilisé par le fugitif recherché depuis la tuerie de Nantes en avril 2011.
Si cette hypothèse se confirmait, elle bouleverserait l’un des plus grands mystères criminels français.
Un compte actif bien après sa disparition
Depuis des années, les enquêteurs savaient que Xavier Dupont de Ligonnès utilisait plusieurs pseudonymes sur internet.
Mais les deux comptes qui lui avaient déjà été attribués avaient cessé toute activité quelques jours seulement après la disparition de l’homme, en avril 2011.
Le compte « Epsilon » présente une particularité troublante.
Il a continué à publier des messages pendant plus de six ans après les meurtres d’Agnès Dupont de Ligonnès et des quatre enfants du couple, retrouvés enterrés sous la terrasse de leur maison à Nantes.
Le dernier message attribué à « Epsilon » remonte à 2017.
Des ressemblances troublantes
Pour son enquête, Ouest-France a analysé plusieurs centaines de publications du mystérieux internaute.
Le journal affirme avoir identifié de nombreux points communs avec les écrits connus de Xavier Dupont de Ligonnès.
Parmi les éléments relevés :
- les mêmes habitudes de ponctuation,
- des tournures de phrases similaires,
- des expressions récurrentes,
- des références religieuses identiques,
- et des échanges avec certains interlocuteurs déjà connus dans l’entourage numérique du fugitif.
Les journalistes évoquent également plusieurs références bibliques particulièrement rares retrouvées à la fois dans des écrits privés de Xavier Dupont de Ligonnès et dans les messages du compte « Epsilon ».
L’indice qui intrigue les spécialistes
L’un des éléments les plus frappants concerne trois rois très méconnus de l’Ancien Testament.
Selon Ouest-France, ces personnages apparaissent dans une lettre privée attribuée à Xavier Dupont de Ligonnès.
Les mêmes références auraient ensuite été retrouvées dans plusieurs publications du compte « Epsilon ».
Pour les spécialistes, il s’agit d’un détail suffisamment inhabituel pour attirer l’attention.
Les références religieuses occupaient déjà une place importante dans la vie du fugitif avant sa disparition.
Un expert juge la piste crédible
Le journal a également sollicité un expert suisse spécialisé en stylométrie.
Cette discipline consiste à analyser le style d’écriture afin d’identifier l’auteur probable d’un texte.
Selon cet expert, les similitudes observées rendent la piste « sérieuse ».
La stylométrie a déjà été utilisée dans plusieurs enquêtes criminelles et historiques à travers le monde.
Elle ne permet toutefois pas d’apporter une certitude absolue.
Aucune preuve définitive pour l’instant
Malgré ces éléments troublants, aucune preuve formelle ne permet aujourd’hui d’affirmer que Xavier Dupont de Ligonnès se cachait derrière le pseudonyme « Epsilon ».
Pour les enquêteurs, un seul élément pourrait réellement faire avancer le dossier : les données techniques du compte.
Les adresses IP utilisées lors des connexions pourraient permettre de localiser l’utilisateur ou d’identifier les pays depuis lesquels il écrivait.
Or ces informations ne sont pas forcément encore disponibles plus de quinze ans après les faits.
Une affaire qui continue de fasciner
Depuis sa disparition en avril 2011, Xavier Dupont de Ligonnès n’a jamais été retrouvé.
Des centaines de signalements ont été étudiés en France et à l’étranger.
Plusieurs pistes ont émergé au fil des années :
- un monastère,
- l’Écosse,
- les États-Unis,
- l’Amérique latine,
- ou encore le Portugal.
Aucune n’a permis de résoudre l’énigme.
Aujourd’hui, cette nouvelle piste numérique relance une question qui hante les enquêteurs depuis plus d’une décennie :
Et si Xavier Dupont de Ligonnès avait continué à communiquer en ligne pendant toutes ces années sans jamais être identifié ?
Les 3 choses à retenir
- Un compte nommé « Epsilon » pourrait avoir été utilisé par Xavier Dupont de Ligonnès jusqu’en 2017.
- Ouest-France affirme avoir identifié de nombreuses similitudes avec les écrits connus du fugitif.
- Aucune preuve définitive n’existe pour l’instant, mais la piste est jugée sérieuse par un expert en stylométrie.














