Amir ne se produira pas aux Terrasses du Port, à Marseille. Le concert gratuit du chanteur franco-israélien, prévu dimanche 26 juillet dans le cadre du Sunset Live, a été annulé après des appels au boycott et à la mobilisation lancés par plusieurs collectifs de soutien à la Palestine. Les organisateurs justifient leur décision par des impératifs de sécurité.
Que s’est-il passé ?
La quatrième soirée du Sunset Live devait réunir Amir, Adèle Castillon, Peter Cincotti et Oria dans le centre commercial des Terrasses du Port. L’ensemble de la programmation a finalement été annulé, et pas uniquement la prestation d’Amir.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, la direction du site explique que cette décision doit permettre de protéger « les artistes, le public », les équipes et toutes les personnes présentes. Aucun incident n’avait encore eu lieu sur place au moment de l’annonce.
Selon le patron de la maison de disques d’Amir, cité par Le Parisien, la configuration des Terrasses du Port, qui compte de nombreuses entrées, aurait rendu le dispositif particulièrement difficile à sécuriser.
Pourquoi Amir était-il visé par un appel au boycott ?
Le collectif Union Palestine Marseille et l’Association France Palestine Solidarité des Bouches-du-Rhône avaient appelé à se mobiliser contre la présence du chanteur.
Ces organisations reprochent à Amir des engagements et des participations passées à des événements liés à Israël. Elles l’accusent notamment d’avoir soutenu l’armée et la politique israéliennes. Ces affirmations émanent des collectifs à l’origine de la mobilisation et doivent être présentées comme leur position.
Union Palestine Marseille affirme que sa démarche devait rester « exclusivement pacifique » et assure n’avoir jamais appelé à la violence. Après l’annulation, le collectif s’est félicité d’une « victoire de la mobilisation populaire ».
De son côté, Amir avait déjà répondu à des accusations similaires en 2025. Il avait expliqué ne plus vouloir participer aujourd’hui à certains événements auxquels il avait assisté par le passé, estimant que cela « n’aiderait pas à la paix ». Il avait également qualifié la guerre à Gaza d’« atroce ».
Une annulation qui provoque de fortes réactions
La décision des organisateurs a rapidement suscité des réactions opposées.
Le Crif Marseille-Provence estime que des groupes militants imposent progressivement leur volonté à la vie culturelle par la pression. La Licra a également dénoncé l’annulation et demandé qu’Amir puisse chanter à Marseille.
Les collectifs propalestiniens défendent, eux, le droit au boycott et présentent leur mobilisation comme une action politique contre les positions qu’ils attribuent à l’artiste.
Le vrai sujet
Cette affaire pose une question de plus en plus présente dans les festivals et les événements publics : jusqu’où une mobilisation politique peut-elle peser sur une programmation artistique ?
Les organisateurs doivent arbitrer entre la liberté d’expression des manifestants, celle des artistes et la sécurité du public. Mais annuler préventivement un spectacle crée aussi un précédent : la simple perspective de tensions peut suffire à faire disparaître un événement.
Le débat ne porte donc plus seulement sur Amir ou sur ses prises de position supposées. Il concerne la capacité des salles et des festivals à maintenir des concerts lorsqu’un artiste devient la cible d’une campagne politique, sans minimiser les risques ni céder automatiquement à la pression.
Les 3 choses à retenir
- Le concert gratuit d’Amir prévu le 26 juillet aux Terrasses du Port a été annulé pour des « raisons de sécurité ».
- Toute la soirée du Sunset Live, qui comprenait plusieurs artistes, est supprimée.
- Des collectifs propalestiniens avaient appelé au boycott, tandis que plusieurs organisations dénoncent une atteinte à la liberté artistique.














