L’affaire Poupette Kenza franchit une nouvelle étape judiciaire. Le parquet demande que l’influenceuse, de son vrai nom Kenza Benchrif, soit renvoyée devant la justice dans l’affaire de tentative d’extorsion qui la poursuit depuis 2024. La jeune femme est soupçonnée d’avoir recruté un intermédiaire pour faire pression sur une ancienne associée et son mari afin de récupérer plusieurs centaines de milliers d’euros. Après près de quatre mois passés en détention provisoire, elle avait été libérée sous contrôle judiciaire. La décision finale sur la tenue d’un procès appartient désormais au juge d’instruction.
Le parquet demande que Poupette Kenza soit jugée
Près de deux ans après le début de l’affaire, l’enquête judiciaire visant Poupette Kenza arrive à une étape décisive.
Le parquet a demandé son renvoi devant une juridiction afin qu’elle soit jugée dans le dossier de tentative d’extorsion de fonds.
Cette étape ne signifie toutefois pas qu’une date de procès est déjà fixée.
À l’issue d’une instruction, le parquet présente ses réquisitions. Le juge d’instruction reste ensuite celui qui décide du renvoi ou non des personnes mises en examen devant une juridiction, ainsi que des qualifications finalement retenues.
Poupette Kenza demeure donc présumée innocente tant qu’elle n’a pas été définitivement condamnée.
Une affaire qui remonte à février 2024
L’affaire débute en février 2024.
Un couple dépose plainte après avoir fait l’objet d’une surveillance particulièrement inquiétante.
Selon le parquet de Rouen, des mini-caméras avaient été installées aux abords de leur domicile et une balise GPS avait été placée sur leur véhicule.
Le couple avait ensuite été physiquement menacé en échange du versement de 200 000 euros.
L’homme soupçonné d’avoir exercé ces pressions avait été interpellé alors qu’il se rendait à un rendez-vous organisé pour récupérer une partie de l’argent.
Les policiers avaient alors découvert qu’il était porteur d’une grenade.
Lors de son audition, il avait expliqué avoir été sollicité pour régler un différend financier opposant le couple à une influenceuse résidant à Dubaï.
Les investigations avaient ensuite conduit les enquêteurs jusqu’à Kenza Benchrif.
Jusqu’à 350 000 euros au cœur du conflit
La victime présumée est une ancienne associée de Poupette Kenza.
L’influenceuse et son mari l’accusent d’avoir détourné une partie des revenus provenant de ses activités commerciales sur les réseaux sociaux.
Poupette Kenza estimait que le couple lui devait environ 350 000 euros.
Les victimes présumées contestent cette accusation. L’influenceuse a parallèlement déposé une plainte pour abus de confiance afin que la justice examine également ses propres accusations.
Mais ce différend financier est distinct de la question centrale du dossier : les méthodes qui auraient été utilisées pour tenter de récupérer cet argent.
Poupette Kenza reconnaît avoir recruté l’intermédiaire
L’un des principaux enjeux de l’instruction concerne précisément le rôle joué par l’influenceuse.
Poupette Kenza a reconnu avoir recruté l’homme chargé d’intervenir auprès de son ancienne associée.
Elle admet également avoir voulu intimider le couple afin de récupérer l’argent qu’elle estimait lui appartenir.
Elle conteste en revanche avoir demandé à cet homme d’employer des méthodes violentes ou de proférer les menaces les plus graves.
Dans un entretien accordé au Parisien en 2025, elle disait « reconnaître sa culpabilité » concernant une partie des faits, tout en contestant fermement la qualification aggravée de « bande organisée ».
C’est une distinction déterminante pour la suite de la procédure.
141 messages retrouvés dans son téléphone
L’enquête a notamment permis aux policiers d’exploiter le téléphone de l’influenceuse.
Selon Le Parisien, 141 messages échangés avec l’intermédiaire ont été retrouvés.
Confrontée à ces éléments, Poupette Kenza avait livré de premiers aveux lors d’un interrogatoire en octobre 2024.
Elle reconnaissait être à l’origine des échanges avec l’homme recruté pour faire pression sur le couple, mais soutenait toujours que celui-ci avait pris de sa propre initiative la décision d’employer des méthodes violentes.
C’est notamment cette question que la justice devra trancher si un procès est ordonné.
Elle avait passé près de quatre mois en prison
Poupette Kenza avait été interpellée en France le 4 juillet 2024, alors qu’elle vivait à Dubaï.
Mise en examen quelques jours plus tard pour « tentative d’extorsion en bande organisée » et « association de malfaiteurs », elle avait été placée en détention provisoire.
Elle est finalement sortie de la maison d’arrêt de Rouen le 31 octobre 2024, après presque quatre mois de détention.
Sa remise en liberté était assortie d’un contrôle judiciaire comprenant notamment une interdiction de quitter la France, l’obligation de remettre son passeport et l’interdiction d’entrer en contact avec les victimes présumées.
Elle pourrait théoriquement risquer jusqu’à 20 ans
La qualification juridique retenue sera déterminante.
La tentative d’extorsion en bande organisée est une qualification criminelle particulièrement lourde qui peut théoriquement exposer Poupette Kenza à 20 ans de réclusion criminelle.
Mais cela ne signifie évidemment pas qu’elle sera condamnée à une telle peine.
Il s’agit du maximum légal associé à cette qualification.
Surtout, les avocats de l’influenceuse contestent précisément la notion de « bande organisée ».
Une requalification en tentative d’extorsion simple réduirait considérablement la peine maximale encourue et modifierait également la juridiction compétente.
En mai 2025, Le Parisien indiquait ainsi qu’une tentative d’extorsion simple pourrait exposer l’influenceuse à un maximum de sept ans d’emprisonnement, contre vingt ans avec la circonstance aggravante de bande organisée.
Le vrai sujet
L’information importante n’est donc pas encore que « Poupette Kenza va être jugée », mais que le parquet demande désormais qu’elle le soit.
Cette nuance judiciaire est essentielle.
Le parquet formule des réquisitions à la fin de l’instruction. Le juge d’instruction doit ensuite décider s’il existe suffisamment de charges pour ordonner un procès et déterminer sous quelles qualifications les différents protagonistes doivent être renvoyés.
Le cœur du futur débat pourrait porter sur le niveau d’implication exact de Poupette Kenza.
L’influenceuse ne nie plus avoir recruté un intermédiaire afin d’intimider le couple. Elle affirme en revanche ne pas lui avoir demandé de recourir aux méthodes violentes et aux menaces qui sont au centre de l’enquête.
La qualification de « bande organisée » représente également un enjeu considérable : son maintien ou son abandon pourrait modifier à la fois la juridiction appelée à examiner l’affaire et la peine maximale encourue.
Après son interpellation spectaculaire en 2024, quatre mois de détention provisoire et une longue instruction, l’affaire Poupette Kenza se rapproche donc désormais de son dénouement judiciaire.
Mais jusqu’à l’éventuel procès et à une décision de justice, Kenza Benchrif reste présumée innocente des faits qui lui sont reprochés.
Les 3 choses à retenir
- Le parquet demande le renvoi de Poupette Kenza devant la justice dans l’affaire de tentative d’extorsion qui la vise depuis 2024. La décision finale appartient au juge d’instruction.
- L’influenceuse reconnaît avoir recruté un intermédiaire pour intimider une ancienne associée et son mari, mais conteste lui avoir demandé d’utiliser les méthodes violentes qui lui sont reprochées.
- Poupette Kenza avait passé près de quatre mois en détention provisoire en 2024. La tentative d’extorsion en bande organisée peut théoriquement être punie de 20 ans de réclusion, mais la qualification définitive reste un enjeu de la procédure.













