C’était un projet hors norme. OpenAI aurait envisagé la construction en Allemagne d’un gigantesque centre de données consacré à l’intelligence artificielle, doté d’une puissance électrique pouvant atteindre un gigawatt. Selon une enquête du quotidien économique allemand Handelsblatt, les discussions n’auraient toutefois pas abouti et le projet serait désormais écarté.
Le dossier aurait été négocié directement au plus haut niveau politique, entre Sam Altman et plusieurs responsables du gouvernement allemand. Mais aucune annonce officielle d’investissement n’avait été faite.
Des discussions discrètes avec Friedrich Merz
D’après les informations attribuées au Handelsblatt, Sam Altman aurait rencontré en septembre Friedrich Merz, le vice-chancelier Lars Klingbeil et le ministre allemand du Numérique Karsten Wildberger.
Les échanges auraient porté sur l’installation en Allemagne d’une infrastructure de calcul d’une puissance d’environ 1 GW, soit une échelle très supérieure à celle de la plupart des centres de données actuellement en activité.
Un tel équipement aurait nécessité des milliers de puces spécialisées, d’immenses capacités de refroidissement et surtout un approvisionnement électrique stable, continu et compétitif.
Du nucléaire français pour alimenter le site
Le volet énergétique aurait été particulièrement sensible.
L’Allemagne ayant fermé ses dernières centrales nucléaires, une partie de l’électricité nécessaire aurait pu être importée de France, où la production repose largement sur le parc nucléaire. Plusieurs médias reprenant l’enquête évoquent ainsi un projet alimenté, au moins en partie, par de l’électricité nucléaire française.
Cette solution aurait créé une situation politiquement délicate pour Berlin : accueillir un symbole de la révolution de l’IA tout en dépendant d’une énergie nucléaire produite à l’étranger, après avoir organisé sa sortie de l’atome.
Le projet aurait été abandonné
Le projet ne serait désormais plus poursuivi sous cette forme. Il faut cependant rester prudent sur le mot « abandon ».
OpenAI n’avait pas annoncé publiquement la construction du site, aucun emplacement définitif n’avait été présenté et aucun calendrier ferme n’avait été communiqué. Il semble donc plus exact de parler d’un projet étudié ou négocié, puis non concrétisé, plutôt que de l’annulation d’un chantier déjà lancé.
Les motifs précis de cette décision restent inconnus.
Des raisons financières, énergétiques ou réglementaires ?
Plusieurs explications sont évoquées, sans qu’aucune ne soit officiellement confirmée.
Le prix élevé de l’électricité en Allemagne peut constituer un frein majeur pour un centre de données fonctionnant en permanence. Les délais de raccordement au réseau, les procédures administratives, les contraintes environnementales et le coût total de l’infrastructure peuvent également peser sur ce type de décision.
L’Allemagne reste un marché important pour les centres de données, mais les installations de très grande taille exigent une énergie abondante et des autorisations rapides. Le pays compte plus de 70 grands projets annoncés, représentant au total près de 5 500 MW, selon des données relayées par la presse spécialisée.
En revanche, rien ne permet pour le moment d’affirmer que des « difficultés financières » propres à OpenAI sont directement responsables de l’échec des discussions.
Le vrai sujet
Cette affaire révèle que la course mondiale à l’intelligence artificielle est aussi devenue une course à l’électricité.
Les entreprises comme OpenAI ne cherchent plus seulement des ingénieurs, des puces ou des terrains. Elles ont besoin de plusieurs centaines de mégawatts disponibles rapidement, avec un réseau fiable et un prix suffisamment prévisible.
Pour l’Europe, l’enjeu est stratégique. Sans capacités de calcul comparables à celles développées aux États-Unis ou au Moyen-Orient, elle risque de rester dépendante d’infrastructures étrangères pour entraîner et exploiter les modèles d’IA les plus puissants.
L’épisode allemand montre également une contradiction : les gouvernements européens veulent accueillir les géants de l’IA, mais les besoins énergétiques de leurs projets dépassent souvent ce que les réseaux peuvent fournir rapidement.
Les 3 choses à retenir
- OpenAI aurait discuté avec le gouvernement allemand de la création d’un centre de données d’une puissance pouvant atteindre 1 GW.
- Le projet aurait été alimenté en partie par de l’électricité nucléaire importée de France.
- Les discussions n’auraient pas abouti, mais les raisons précises de cette non-concrétisation ne sont pas connues.














