C’est un sérieux revers politique pour Gianni Infantino. La Fédération française de football a décidé ce jeudi 10 septembre de retirer son soutien au président de la FIFA pour l’élection prévue en mars 2027. Une décision annoncée par Philippe Diallo à l’issue du comité exécutif de la FFF. Malgré une contestation grandissante en Europe et les nombreuses polémiques qui entourent sa gouvernance, Gianni Infantino compte bien se représenter pour décrocher un nouveau mandat à la tête du football mondial.
La FFF retire son soutien à Gianni Infantino
Cette fois, la position française est officielle.
Réuni ce jeudi 10 septembre, le comité exécutif de la Fédération française de football a décidé que la France ne soutiendrait pas la candidature de Gianni Infantino lors de la prochaine élection présidentielle de la FIFA.
Son président, Philippe Diallo, avait déjà personnellement affiché son opposition à un nouveau mandat du dirigeant italo-suisse.
Il souhaitait cependant consulter les instances de la FFF avant de formaliser la position française.
Cette décision met fin à un soutien français qui avait longtemps bénéficié à Infantino.
La France rejoint ainsi le mouvement de contestation qui s’est développé au sein du football européen ces dernières semaines. Plusieurs fédérations, dont celles d’Angleterre et d’Italie, ont également retiré leur soutien.
Infantino reste candidat malgré tout
La fronde ne semble pas faire changer d’avis Gianni Infantino.
La FIFA a confirmé le 6 septembre que son président serait bien candidat à sa succession.
« Rien n’a changé », avait assuré un porte-parole de l’instance mondiale, rappelant qu’Infantino avait annoncé dès le printemps son intention de se représenter.
Gianni Infantino avait lui-même officialisé sa candidature devant les 211 fédérations membres de la FIFA lors du congrès organisé à Vancouver.
« Je tiens à vous annoncer […] que je serai candidat à l’élection présidentielle de la FIFA l’année prochaine », avait-il déclaré.
Le scrutin aura lieu le 18 mars 2027 à Rabat, au Maroc.
Un projet de privatisation qui a mis le feu aux poudres
La rupture entre une partie du football européen et Gianni Infantino s’est accélérée durant l’été.
Au cœur de la crise : le projet FIFA Forward Enterprise (FFE).
Gianni Infantino souhaitait ouvrir une partie des activités commerciales de la FIFA et de ses compétitions à des investisseurs privés.
Le projet prévoyait notamment la possibilité de céder une participation dans une structure liée aux compétitions de la FIFA, dont la Coupe du monde.
Face à la très forte opposition rencontrée, le projet a finalement été abandonné.
Mais le mal était fait.
Pour Philippe Diallo, le problème dépasse d’ailleurs cette seule affaire.
Le président de la FFF critique également une gouvernance dans laquelle les fédérations seraient insuffisamment associées aux grandes décisions.
Il avait résumé sa position quelques semaines auparavant :
« Nous ne pouvons plus subir des décisions sans être consultés, associés. »
Plusieurs fédérations européennes tournent le dos à Infantino
La France est donc loin d’être isolée.
Plusieurs fédérations européennes ont retiré leur soutien au président de la FIFA, tandis que l’UEFA souhaite désormais voir émerger une alternative pour l’élection de mars.
Selon Reuters, l’UEFA mais également la Confédération asiatique et la CONCACAF cherchent un candidat crédible susceptible de défier le président sortant.
Infantino conserve néanmoins des soutiens importants.
La Confédération africaine de football demeure notamment derrière lui, tout comme la CONMEBOL sud-américaine.
Autrement dit, perdre le soutien de plusieurs grandes fédérations européennes constitue un revers politique important, mais cela ne signifie absolument pas qu’Infantino a déjà perdu l’élection.
Il reste pour l’instant le seul candidat déclaré
C’est même tout le paradoxe de cette crise.
Gianni Infantino est de plus en plus contesté, mais il reste actuellement le seul candidat officiellement connu pour la présidence de la FIFA.
Les éventuels adversaires ont encore du temps pour se déclarer.
Les candidatures doivent être déposées avant le 18 novembre 2026, avant le scrutin du 18 mars suivant.
L’enjeu pour ses opposants sera donc désormais de trouver une personnalité capable de rassembler suffisamment de fédérations.
Car l’élection ne se joue pas uniquement en Europe.
La FIFA compte 211 associations membres, et chacune dispose d’une voix.
Infantino dirige la FIFA depuis dix ans
Gianni Infantino est arrivé à la tête de la FIFA en février 2016, dans le contexte de la profonde crise qui avait secoué l’organisation sous la présidence de Sepp Blatter.
Il a ensuite été réélu et dirige désormais l’instance depuis plus de dix ans.
Son bilan est notamment marqué par l’élargissement de la Coupe du monde à 48 équipes, l’expansion de la Coupe du monde des clubs et une forte augmentation des ambitions commerciales de la FIFA.
La FIFA met de son côté en avant les milliards de dollars redistribués aux fédérations pour développer le football dans le monde.
Ses opposants critiquent désormais principalement sa manière de gouverner et réclament davantage de consultation dans les décisions stratégiques.
Le vrai sujet
Le retrait du soutien de la France est symboliquement très important, mais la véritable bataille commence maintenant.
Pour battre Gianni Infantino, ses opposants doivent faire davantage que multiplier les déclarations hostiles : ils doivent présenter un candidat capable de construire une majorité mondiale.
Et c’est loin d’être évident.
L’Europe possède des fédérations extrêmement puissantes économiquement et sportivement, mais l’élection du président de la FIFA repose sur un principe très différent : les 211 fédérations disposent chacune d’une voix, quelle que soit leur puissance footballistique.
Infantino peut donc perdre le soutien de la France, de l’Italie ou de l’Angleterre tout en restant parfaitement capable de remporter l’élection grâce aux fédérations des autres continents.
Il bénéficie notamment encore de soutiens en Afrique et en Amérique du Sud.
C’est ce qui rend les prochains mois décisifs.
La FFF vient de rejoindre officiellement le camp opposé à Infantino. Mais pour transformer cette fronde en véritable changement de pouvoir, il faudra désormais un adversaire, un programme et surtout suffisamment de voix.
À un peu plus de six mois de l’élection, Gianni Infantino est donc fragilisé comme rarement auparavant.
Mais il reste candidat.
Et surtout, pour l’instant, il reste seul sur la ligne de départ.
Les 3 choses à retenir
- La FFF a officiellement retiré son soutien à Gianni Infantino ce jeudi 10 septembre, après une réunion de son comité exécutif.
- Gianni Infantino maintient sa candidature pour l’élection à la présidence de la FIFA, organisée le 18 mars 2027 à Rabat.
- Malgré la fronde de plusieurs fédérations européennes, Infantino reste pour l’instant le seul candidat déclaré et conserve des soutiens importants sur d’autres continents.














