Coup de théâtre au sommet de l’État. Quelques heures seulement après avoir annoncé sa démission du gouvernement, Monique Barbut a finalement décidé de rester ministre de la Transition écologique. Son cabinet indique qu’elle a « accepté de poursuivre sa mission à la demande » d’Emmanuel Macron, qui « l’a assurée de son soutien ».
Le président de la République a refusé sa démission, mettant fin, au moins provisoirement, à une séquence de fortes tensions au sein de l’exécutif.
Une démission annoncée dans la matinée
Quelques heures plus tôt, Monique Barbut avait pourtant officialisé son départ dans une longue publication sur LinkedIn.
Elle dénonçait un « recul environnemental de trop » après l’adoption définitive de la loi d’urgence agricole, critiquant notamment le maintien de la réintroduction sous conditions de l’acétamipride, un insecticide controversé. Elle estimait que les engagements qui lui avaient été donnés n’avaient pas été respectés.
Cette prise de position avait immédiatement alimenté les spéculations sur une crise gouvernementale.
Emmanuel Macron lui renouvelle son soutien
Finalement, la situation s’est inversée en quelques heures.
Selon son cabinet, Monique Barbut a accepté de rester « à la demande » du chef de l’État, qui lui a renouvelé sa confiance. Elle justifie ce revirement par « l’urgence d’agir contre les conséquences du changement climatique » et la nécessité de poursuivre plusieurs dossiers jugés prioritaires.
Parmi ces priorités figurent notamment l’adaptation de la France au changement climatique, la préservation des forêts, la gestion de la ressource en eau et la lutte contre certaines pollutions environnementales.
Une séquence politique inhabituelle
Cette volte-face est particulièrement rare sous la Ve République.
Si des ministres ont déjà présenté leur démission avant de quitter effectivement leurs fonctions, il est beaucoup plus inhabituel qu’un ministre annonce publiquement son départ avant de revenir sur sa décision quelques heures plus tard après une intervention directe du président de la République.
La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a confirmé que le chef de l’État avait refusé la démission de Monique Barbut et rappelé que celle-ci bénéficiait de son soutien.
Le vrai sujet
Au-delà du maintien de Monique Barbut, cette séquence illustre les tensions qui traversent aujourd’hui la politique environnementale française.
Entre impératifs agricoles, attentes des filières économiques et objectifs climatiques, le gouvernement cherche un équilibre de plus en plus difficile. En obtenant que sa ministre reste en poste malgré son désaccord sur la loi agricole, Emmanuel Macron évite une crise politique immédiate, mais le débat de fond sur l’orientation de la politique environnementale demeure entier.
Les 3 choses à retenir
- Monique Barbut avait annoncé sa démission avant de revenir sur sa décision quelques heures plus tard.
- Emmanuel Macron a refusé son départ et lui a renouvelé son soutien.
- La ministre affirme rester pour poursuivre les actions liées à l’adaptation au changement climatique, malgré son désaccord sur la loi d’urgence agricole.














