En pleine saison des incendies, une accusation revient avec insistance sur les réseaux sociaux : un décret signé par Gabriel Attal en février 2024 aurait supprimé près de 53 millions d’euros du budget de la Sécurité civile, empêchant l’achat de deux Canadair supplémentaires. Les documents officiels confirment bien une annulation de crédits, mais le lien avec les avions mérite d’être nuancé.
Que s’est-il passé ?
Le 21 février 2024, le gouvernement dirigé par Gabriel Attal a publié un décret annulant 10 milliards d’euros de crédits dans plusieurs ministères afin de réaliser des économies budgétaires.
Dans ce texte figure une réduction de 52,8 millions d’euros sur le budget de la Direction générale de la sécurité civile et de la gestion des crises (DGSCGC).
Selon un rapport parlementaire cité par plusieurs médias de vérification, cette coupe budgétaire a conduit la Sécurité civile à renoncer, au moins temporairement, à l’acquisition de deux bombardiers d’eau supplémentaires, souvent présentés comme deux Canadair.
Gabriel Attal conteste cette interprétation
Face aux critiques, Gabriel Attal assure ne jamais avoir annulé de commande de Canadair.
L’ancien Premier ministre explique que la France se heurtait déjà à des difficultés d’approvisionnement et à des retards du constructeur canadien De Havilland, limitant de toute façon les possibilités de livraison à court terme.
Le débat porte donc moins sur l’existence du décret – qui est bien réel – que sur ses conséquences exactes. Les rapports parlementaires estiment que la réduction de crédits a repoussé l’acquisition de deux appareils, tandis que Gabriel Attal affirme que ces avions n’auraient pas pu être livrés dans l’immédiat en raison des contraintes industrielles.
Le vrai sujet
Cette polémique intervient alors que les mégafeux deviennent plus fréquents en France.
Au-delà de la responsabilité politique, elle met en lumière une difficulté plus profonde : renouveler la flotte de bombardiers d’eau est devenu complexe. Les appareils disponibles sont peu nombreux, les délais de fabrication sont longs et plusieurs pays cherchent simultanément à renforcer leurs capacités aériennes face aux incendies.
La question dépasse donc le seul décret de février 2024 : elle concerne la capacité de la France à anticiper l’évolution du risque incendie dans les années à venir.
Les 3 choses à retenir
- Un décret signé en février 2024 a bien supprimé 52,8 millions d’euros du budget de la Sécurité civile.
- Selon un rapport parlementaire, cette décision a conduit à reporter l’achat de deux bombardiers d’eau supplémentaires.
- Gabriel Attal conteste avoir annulé des Canadair et invoque les retards du constructeur pour expliquer la situation.














